soit sur une utilité, alors la seconde prémisse s’effondre : la « vente de l’inexistant » se décline, en vérité, en deux cas : la vente d’objets corporels et la vente d’utilités. Or, ceux qui concèdent la nullité de la vente de l’inexistant ne l’admettent que pour les objets corporels. Comme le terme baʿyʿ (« vente ») peut renvoyer tantôt à l’un, tantôt à l’autre, les juristes ont divergé au sujet de l’ijâra : peut-on la conclure en employant le verbe « vendre » ? Deux thèses s’affrontent. L’examen attentif montre que, pourvu que les deux parties sachent ce qu’elles entendent, le contrat se forme par n’importe quelle expression qui fasse clairement apparaître leur intention commune. Cette règle vaut pour l’ensemble des contrats : la Loi révélée n’a jamais fixé de formules obligatoires ; elle a laissé les termes dans leur généralité. De même que les contrats sont valides lorsqu’ils sont conclus par des mots persans, grecs ou turcs qui en expriment le sens, à plus forte raison le sont-ils lorsqu’ils recourent à des expressions arabes significatives. Il n’y a à cet égard aucune différence entre le nikâh (mariage) et les autres contrats. Tel est l’avis de la majorité des savants, parmi lesquels Mâlik et Abû Ḥanîfa, et c’est l’une des deux positions rapportées de l’imâm Aḥmad. Notre maître a dit : « Les textes d’Aḥmad n’autorisent en réalité que cette opinion. L’exigence selon laquelle le contrat n’est valide qu’avec les mots in-kâḥ (je te marie) ou ta-zwîj (je te donne en mariage) ne représente que la thèse d’Ibn Ḥâmid, d’al-Qâḍî et de leurs disciples. Les premiers compagnons d’Aḥmad, eux, n’ont posé aucune condition de la sorte, et Aḥmad a même statué que si un homme dit : “J’affranchis ma femme-esclave et je fais de son affranchissement sa dot”, le mariage est valablement conclu. » Ibn ʿAqîl commente : « Cela prouve que le nikâh n’est pas lié à une formule déterminée. » Ibn Ḥâmid, restant fidèle à son principe, rétorque : « Le mariage ne se forme pas à moins d’ajouter expressément : “Je l’ai épousée.” » Quant à al-Qâḍî, il traite cette question comme un cas d’istihsân (appréciation équitable) sortant du strict qiyâs : il admet donc la validité du mariage dans cette situation précise, sans recourir aux termes in-kâḥ ou ta-zwîj.
فالمقدمة الثانية باطلة، فإن بيع المعدوم ينقسم إلى: بيع الأعيان، وبيع المنافع، ومن سلم بطلان بيع المعدوم فإنما يسلمه في الأعيان. ولما كان لفظ البيع يحتمل هذا وهذا تنازع الفقهاء في الإجارة: هل تنعقد بلفظ البيع؟ على وجهين. والتحقيق: أن المتعاقدين إن عرفا المقصود انعقدت بأي لفظ من الألفاظ عرف به المتعاقدان مقصودهما، وهذا حكم شامل لجميع العقود، فإن الشارع لم يحد لألفاظ العقود حدا، بل ذكرها مطلقة، فكما تنعقد العقود بما يدل عليها من الألفاظ الفارسية والرومية والتركية، فانعقادها بما يدل عليها من الألفاظ العربية أولى وأحرى، ولا فرق بين النكاح وغيره، وهذا قول جمهور العلماء، كمالك وأبي حنيفة وهو أحد القولين في مذهب أحمد. قال شيخنا: بل نصوص أحمد لا تدل إلا على هذا القول، وأما كونه لا ينعقد إلا بلفظ الإنكاح والتزويج فإنما هو قول ابن حامد والقاضي وأتباعه، وأما قدماء أصحاب أحمد: فلم يشترط أحد منهم ذلك، وقد نص أحمد على أنه إذا قال: أعتقت أمتي، وجعلت عتقها صداقها= أنه ينعقد النكاح. قال ابن عقيل: وهذا يدل، على أنه لا يختص النكاح بلفظ. وأما ابن حامد: فطرد أصله، وقال: لا ينعقد، حتى يقول مع ذلك: تزوجتها. وأما القاضي: فجعل هذا موضع استحسان خارجا عن القياس، فجوز النكاح في هذه الصورة خاصة، بدون لفظ الإنكاح والتزويج.