Shaykh al-Islâm (Ibn Taymiyya) déclare qu’il n’est nul besoin de recourir à cette astuce ; l’opinion correcte est que la location des arbres est licite. ʿUmar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) le fit avec le verger d’Usayd ibn Ḥuḍayr : il le loua pendant plusieurs années et régla ainsi sa dette. Il ajoute : « Louer une terre en vue de son fruit équivaut à la louer pour son rendement habituel ; le locataire s’occupe des arbres en les arrosant, en les entretenant et en gardant la vigne jusqu’à l’obtention des fruits, tout comme il laboure, irrigue et sème la terre jusqu’à la récolte de son produit. Le fruit des arbres tient donc la même place que le rendement de la terre obtenu par le labour et l’arrosage. » ⦗Ighâthat al-Lahfân 2/8-9⦘ – Il dit encore : « Il est établi authentiquement que ʿUmar (qu’Allah l’agrée) accepta le verger d’Usayd ibn Ḥuḍayr pour trois ans, perçut le loyer et s’acquitta de sa dette grâce à lui ; ce verger était constitué de palmiers. Il s’agit donc d’une location d’arbres pour prendre leur fruit, opinion adoptée par le Commandeur des croyants ʿUmar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) sans qu’aucun Compagnon ne s’y oppose. Abû al-Wafâ’ ibn ʿAqîl, parmi les disciples de l’Imâm Aḥmad, l’a retenue, tout comme notre shaykh. » ⦗Zâd al-Maʿâd 5/825⦘ – Ibn Mufliḥ écrit : « Notre shaykh a jugé permise la location d’arbres pris isolément, le preneur assurant leur entretien comme il le ferait pour une terre à cultiver. Ce que perçoit le bénéficiaire d’un waqf ou l’emprunteur à titre gracieux, le locataire l’obtient moyennant paiement. Il en va autrement de la *bayʿ as-sinîn* (vente à terme sur plusieurs années) : si la récolte périt, aucun loyer n’est exigible ; si elle est inférieure à l’usage, on peut résilier le contrat ou réclamer une réduction proportionnelle, faute de la jouissance visée, comme en cas de *jâ’iḥa* (calamité agricole). Il est également permis de stipuler que l’autre partie travaille jusqu’à la fructification en contrepartie d’une part du produit. » ⦗Al-Furūʿ 4/417 (7/130-131)⦘ (1). Voir la question n° 778.
(1) Voir : al-Fatawa, vol. 20, p. 547-549 ; vol. 30, p. 220-243 ; al-Ikhtiyarat d’Ibn al-Qayyim, p. 37 ; al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘lî, p. 221.
قال شيخ الإسلام: وهذا لا يحتاج إليه، بل الصواب: جواز إجارة الشجر، كما فعل عمر بن الخطاب (رضي الله عنه) بحديقة أسيد بن حضير، فإنه آجرها سنين، وقضى بها دينه. قال: وإجارة الأرض لأجل ثمرها بمنزلة إجارة الأرض لمغلها، فإن المستأجر يقوم على الشجر بالسقي والإصلاح والذيار في الكرم حتى تحصل الثمرة، كما يقوم على الأرض بالحرث والسقي والبذر حتى يحصل المغل، فثمرة الشجر تجري مجرى مغل الأرض بالحرث والسقي) [إغاثة اللهفان ٢/ ٨ ــ ٩]. - وقال أيضا: ( ... صح عن عمر (رضي الله عنه): أنه قبل حديقة أسيد بن حضير ثلاث سنين، وأخذ الأجرة، فقضى بها دينه، والحديقة: هي النخل. فهذه إجارة الشجر لأخذ ثمرها، وهو مذهب أمير المؤمنين عمر بن الخطاب (رضي الله عنه)، ولا يعلم له في الصحابة مخالف، واختاره أبو الوفاء بن عقيل من أصحاب أحمد، واختيار شيخنا) [زاد المعاد ٥/ ٨٢٥]. - وقال ابن مفلح: (وجَوَّز شيخنا إجارة الشجر مفردًا، ويقوم عليها المستأجر كأرض لزرع، وأن ما استوفاه الموقوف عليه، والمستعير بلا عوض يستوفيه المستأجر بالعوض، بخلاف بيع السنين، فإن تلفت الثمرة فلا أجرة، وإن نقصت عن العادة فالفسخ أو الأرش، لعدم المنفعة المقصودة بالعقد، وهو كجائحة، واشتراط عمل الآخر حتى يثمر ببعضه) [الفروع ٤/ ٤١٧ (٧/ ١٣٠ - ١٣١)] (١). وانظر: ما يأتي في المسألة رقم (٧٧٨).
(١) انظر: «الفتاوى» (٢٠/ ٥٤٧ - ٥٤٩؛ ٣٠/ ٢٢٠ - ٢٤٣)، «الاختيارات» للبرهان ابن القيم (٣٧)، «الاختيارات» للبعلي (٢٢١).