Pour un groupe de nos condisciples, ces formes de partenariat sont, du point de vue de la permission, préférables à l’ijârah (contrat de location), au point que Shaykh al-Islâm déclara : « Ces partenariats sont plus licites que l’ijârah. » Il précisa : « Le locataire verse son argent, mais il se peut qu’il obtienne le résultat escompté comme il se peut qu’il ne l’obtienne pas ; le bailleur, lui, encaisse la somme tandis que le locataire reste exposé au risque, car la récolte peut parvenir à terme ou non. Il en va autrement du partenariat : les deux associés y sont égaux dans la réussite comme dans l’échec ; si Allah accorde un bénéfice, ils le partagent, et s’Il le refuse, ils subissent ensemble la privation. C’est là le comble de l’équité ; il est donc inconcevable que la sharîʿah autorise l’ijârah tout en interdisant ce type de partenariat. » ⦗Iʿlâm al-muwaqqiʿîn 4/19-20⦘. – Il a également dit : « Shaykh al-Islâm et d’autres jurisconsultes affirment que la muzâraʿah est plus licite que l’ijârah et plus conforme à la justice, car les deux parties y partagent pertes et gains, alors que, dans l’ijârah, le propriétaire de la terre perçoit son loyer tandis que le locataire peut, ou non, obtenir une récolte. Les savants divergent quant à la licéité de l’une et de l’autre, et l’avis correct est que toutes deux sont permises, que la terre soit ou non une concession (*iqṭâʿ*) (1). » ⦗Aṭ-ṭuruq al-ḥukmiyyah 195⦘. – Ibn Mufliḥ a dit : « La muzâraʿah est valable pour une part déterminée de la récolte lorsque la semence appartient au propriétaire de la terre — fût-il lui-même l’exploitant — et que l’autre partie fournit le travail. Il existe toutefois une version, rapportée par Abû l-Khaṭṭâb à propos de la musâqât, qui interdit la muzâraʿah. Notre shaykh a, pour sa part, déclaré qu’elle est plus licite que l’ijârah, parce que les deux contractants y supportent ensemble pertes et profits. Elle n’est pas valable si la semence provient de l’exploitant ou d’un tiers, tandis que la terre appartient aux deux (2) ou
(1) Ibn al-Qayyim rapporte ici un propos de Shaykh al-Islam sur l’ijara al-iqta ; nous y reviendrons à la référence (793). (2) Dans sa Hashiya ’ala al-Furû, Ibn Qundus écrit : « C’est-à-dire pour l’amil et pour l’autre partie qui fournit la semence. La question est traitée dans al-Muharrar et concerne le cas où la terre est exploitée en société : l’un apporte la semence, l’autre assure le travail. »
هذا عند طائفة من أصحابنا أولى بالجواز من الإجارة حتى قال شيخ الإسلام: هذه المشاركات أحل من الإجارة. قال: لأن المستأجر يدفع ماله وقد يحصل له مقصوده وقد لا يحصل، فيفوز المؤجر بالمال والمستأجر على الخطر، إذ قد يكمل الزرع وقد لا يكمل، بخلاف المشاركة فإن الشريكين في الفوز وعدمه على السواء، إن رزق الله الفائدة كانت بينهما، وإن منعها استويا في الحرمان، وهذا غاية العدل، فلا تأتي الشريعة بحل الإجارة وتحريم هذه المشاركة) [إعلام الموقعين ٤/ ١٩ - ٢٠]. - وقال أيضا: (قال شيخ الإسلام وغيره من الفقهاء: والمزارعة أحل من المؤاجرة، وأقرب إلى العدل، فإنهما يشتركان في المغرم والمغنم، بخلاف المؤاجرة فإن صاحب الأرض تسلم له الأجرة، والمستأجر قد يحصل له زرع وقد لا يحصل. والعلماء مختلفون في جواز هذا وهذا، والصحيح جوازهما، سواء كانت الأرض إقطاعا أم غيره (١)) [الطرق الحكمية ١٩٥]. - وقال ابن مفلح: (وتصح المزارعة بجزء معلوم من الزرع إذا كان البذر من رب الأرض، ولو أنه العامل، ويقر العمل من الآخر، وفي منع المزارعة رواية حكاها أبو الخطاب في مسألة المساقاة. وقال شيخنا: هي أحل من الإجارة، لاشتراكهما في المغرم والمغنم. ولا تصح إن كان البذر من العامل أو من غيره، والأرض لهما (٢) أو
(١) ذكر ابن القيم هنا كلاما لشيخ الإسلام في إجارة الإقطاع، وسيأتي برقم (٧٩٣). (٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: للعامل وللغير الذي منه البذر، والمسألة في «المحرر»، والمراد: إذا كانت الأرض شركة بينهما، فوضع أحدهما البذر والآخر منه العمل).