car, dans la muḍârabah, le capital revient à son propriétaire et les deux parties se partagent le bénéfice ; cela correspond, en muzâraʿah, à la terre elle-même.
Quant à la semence, dont l’équivalent ne retourne pas à son propriétaire mais disparaît, tout comme disparaît l’usufruit de la terre, il est plus pertinent de l’assimiler à cet usufruit périssable qu’au capital demeurant. Ainsi, lorsque l’exploitant fournit la semence, son labeur et sa graine se consument, tandis que le propriétaire voit s’évanouir le rendement de sa terre ; la semence (1) de l’un tient donc la même place que la terre de l’autre. Celui qui assimile la semence au capital de la muḍârabah devrait, par cohérence, exiger qu’une semence équivalente soit rendue à son propriétaire, exactement comme il le prescrit pour la muḍârabah. Or, même lorsque le propriétaire de la semence stipule expressément le retour de son équivalent, ils déclarent cela illicite ! ⦗Iʿlām al-muwaqqiʿīn 2/4-8⦘ (2)
759 – Le contrat de mughârasa portant sur une part des arbres
Ibn Mufliḥ déclare : « Le texte explicite autorise à planter des arbres, à en assurer l’entretien jusqu’à ce qu’ils portent des fruits, moyennant une part de leur récolte. Le sens apparent de ce propos permet même de recevoir une part des arbres eux-mêmes (3) ou une part conjointe des arbres et de leurs fruits (4), à l’image de la muzâraʿah ; c’est ce que l’on appelle la mughârasa ou la munâsaba. Cet avis a été retenu par Abû Ḥafṣ al-ʿAkbarî, par le Qâḍî dans son Taʿlîq, ainsi que par notre maître, et il est rapporté comme l’opinion manifeste de l’école. Il a encore précisé : cela reste valable même si les arbres sont déjà plantés, et même si l’intendant est le mutawallî d’un waqf. Il n’est pas permis à un mutawallî postérieur de vendre, sans nécessité, la part du waqf dans les arbres. Enfin, le juge peut déclarer le contrat obligatoire uniquement dans le domaine litigieux, son jugement se fondant sur l’existence d’une contre-prestation.
(1) À l’origine : « wabdan ». La correction est tirée d’al-Fatawa.
(2) Ce passage fait partie de la réponse mentionnée précédemment (p. 57-58) et se retrouve dans al-Fatawa (t. 20, p. 506-511) dans son intégralité, à l’exception de quelques mots.
(3) Dans sa hachiya sur al-Furu’, Ibn Qundus écrit : « c’est-à-dire : provenant des arbres. »
(4) Dans sa hachiya sur al-Furu’, Ibn Qundus précise : « c’est-à-dire : provenant des fruits et des arbres. »
المال في المضاربة يرجع إلى صاحبه، ويقتسمان الربح، فهذا نظير الأرض في المزارعة.
وأما البذر، الذي لا يعود نظيره إلى صاحبه، بل يذهب كما يذهب نفع الأرض= فإلحاقه بالنفع الذاهب أولى من إلحاقه بالأصل الباقي، فالعامل إذا أخرج البذر ذهب عمله وبذره، ورب الأرض يذهب نفع أرضه، و] بذر] (١) هذا كأرض هذا، فمن جعل البذر كالمال في المضاربة كان ينبغي له أن يعيد مثل هذا البذر إلى صاحبه، كما قال مثل ذلك في المضاربة، فكيف ولو اشترط رب البذر عود نظيره لم يجوزوا ذلك؟!) [إعلام الموقعين ٢/ ٤ - ٨] (٢).
٧٥٩ - المغارسة على جزء من الشجر:
- قال ابن مفلح: (والمنصوص: وعلى شجر يغرسه ويعمل عليه حتى يثمر بجزء من ثمره، وظاهر نصه: وبجزء منه (٣) ومنهما (٤) كالمزارعة وهي المغارسة والمناصبة، واختاره أبو حفص العكبري والقاضي في «تعليقه» وشيخنا، وذكره ظاهر المذهب، وقال: ولو كان مغروسا، ولو كان ناظر وقف، وأنه لا يجوز لناظر بعده بيع نصيب الوقف من الشجر بلا حاجة، وأن لحاكم الحكم بلزومها في محل النزاع فقط، والحكم به من جهة عوض
(١) في الأصل: (وبدن)، والتصويب من «الفتاوى».
(٢) هذا النص ضمن الجواب الذي سبقت الإشارة إليه (ص ٥٧ - ٥٨)، وهذا النص في «الفتاوى» (٢٠/ ٥٠٦ - ٥١١) بحروفه عدا كليمات.
(٣) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: من الشجر).
(٤) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (أي: من الثمر والشجر).