Et tout profit qu’Allah fait advenir est réparti entre eux à parts indivises. C’est pourquoi il n’est pas permis que l’un des deux associés se voie réserver un bénéfice déterminé : une telle clause rompt l’équité exigée dans la société. C’est précisément ce que le Prophète ﷺ a interdit dans la muzâraʿah : on avait alors coutume de stipuler pour le propriétaire foncier la récolte d’une parcelle précise – le sommet des diguettes, l’amont des canaux d’irrigation, etc., interdiction attestée (1). À ce propos, al-Layth b. Saʿd et d’autres ont déclaré : « La chose que le Prophète ﷺ a proscrite est telle que quiconque est clairvoyant en matière de licite et d’illicite comprend aussitôt qu’elle est illicite. » Il apparaît donc (2) que cet interdit se justifie également par l’analogie juridique : si l’on introduisait pareille condition dans une muḍârabah, elle serait nulle, car l’essence même des partenariats est la justice entre les deux associés. Or réserver un profit à l’un d’eux au détriment de l’autre viole cette justice. À l’inverse, lorsque chacun détient une quote-part indivise, ils partagent gain et perte : si un bénéfice est réalisé, ils le partagent ; s’il n’y a aucun résultat, ils supportent ensemble la charge, le fruit du labeur de l’exploitant s’étant évanoui comme celui du capital de l’investisseur. C’est pourquoi la moins-value (*waḍîʿah*) est imputée au capital : elle compense la disparition du profit [de l’exploitant] (3). Par conséquent, l’avis correct est que, dans une muḍârabah invalide, il faut verser un bénéfice usuel (4) : on accorde à l’exploitant ce qu’il est d’usage de lui donner, la moitié ou le tiers, par exemple. Mais lui allouer une somme fixe, garantie dans la dette du propriétaire, comme dans l’ijârah ou la juʿâlah, cela
(1) Idem, et dans al-Fatâwâ : «ma yanbit» (ce qui pousse). (2) Dans al-Fatâwâ : «fa bayyin» (et précise). (3) Dans le texte original : «al-mal» (l’argent), la correction provient d’al-Fatâwâ. (4) Dans al-Fatâwâ, ajout : «la ujrat al-mithl» (pas de rémunération équivalente).
وما قسم الله من ربح كان بينهما على الإشاعة. ولهذا لا يجوز أن يختص أحدهما بربح مقدر، لأن هذا يخرجهما عن العدل الواجب في الشركة، وهذا هو الذي نهى عنه النبي ﷺ من المزارعة، فإنهم كانوا يشترطون لرب الأرض زرع بقعة بعينها، وهو ما ثبت (١) على الماذيانات، وأقبال الجداول ونحو ذلك، فنهى النبي ﷺ عنه، ولهذا قال الليث بن سعد وغيره: إن الذي نهى عنه النبي ﷺ أمر لو نظر فيه ذو البصيرة بالحلال والحرام= علم أنه لا يجوز. فتبين (٢) أن النهي عن ذلك موجب القياس، فإن هذا لو شرط في المضاربة لم يجز، فإن مبنى المشاركات على العدل بين الشريكين، فإذا خص أحدهما بربح دون الآخر لم يكن ذلك عدلا، بخلاف ما إذا كان لكل منهما جزء شائع، فإنهما يشتركان في المغنم والمغرم، فإن حصل ربح اشتركا فيه، وإن لم يحصل شيء اشتركا في المغرم، وذهب نفع بدن هذا، كما ذهب نفع مال هذا، ولهذا كانت الوضيعة على المال، لأن ذلك في مقابلة ذهاب نفع [العامل] (٣). ولهذا كان الصواب: أنه يجب في المضاربة الفاسدة ربح المثل (٤)، فيعطى العامل ما جرت العادة أن يعطاه مثله، إما نصفه أو ثلثه، فأما أن يعطى شيئا مقدرا مضمونا في ذمة المالك، كما يعطى في الإجارة والجعالة= فهذا
(١) كذا، وفي «الفتاوى»: (ما ينبت). (٢) في «الفتاوى»: (فبين). (٣) في الأصل: (المال)، والتصويب من «الفتاوى». (٤) في «الفتاوى» زيادة: (لا أجرة المثل).