, à l’obliger et à l’empêcher de sortir de son lieu de détention. Or, s’il ne se trouve personne pour le remplacer dans cette tâche, il n’est pas permis de l’écarter de la compagnie de son épouse ; ce serait, à n’en pas douter, un acte illicite. Aucun savant n’a jamais contesté que, lorsqu’un homme est légitimement emprisonné, il en résulte que son épouse peut sortir de la maison, mais que lui retirer pour autant son droit sur elle est formellement interdit ; il n’est permis ni à un gouverneur ni à un juge d’agir ainsi, qu’elle soit une femme libre et vertueuse ou une femme dépravée. Tout ce qui conduit à l’autoriser à sortir revient, en réalité, à annuler son droit, et cela n’est pas tolérable, d’autant que la chose ouvre la porte au tort qu’elle pourrait lui causer ou à la débauche.
Il poursuit : « La préservation d’un tel droit compte parmi les intérêts majeurs qu’il n’est pas permis de négliger. » Et d’ajouter : « Elle ne détient, à vrai dire, que le droit de sa présence ; or cette présence se concrétise dès lors qu’ils se trouvent, lui et elle, dans un même lieu. Si, durant sa détention, il lui demande une relation charnelle, elle doit s’en acquitter, car c’est un droit qu’il possède sur elle. »
Le sens de la détention ou de la contrainte de présence est simplement que le créancier demeure auprès de son débiteur jusqu’à ce que ce dernier s’acquitte de sa dette ; qu’il le fasse dans la demeure du débiteur est tout aussi valable.
On pourra objecter : « N’y a-t-il pas là le risque qu’il fasse traîner les choses et ne paye jamais ? » – La réponse est que l’entrave qu’il subit dans ses transactions, à savoir l’emprisonnement, suffit à atteindre l’objectif tant qu’il ne manifeste pas ouvertement son refus d’accomplir ce qui lui incombe. S’il apparaît qu’il en a les moyens et qu’il se montre injustement récalcitrant, on le punira d’une peine plus sévère que la simple incarcération : on le frappera à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’il s’exécute, comme l’ont stipulé les juristes des écoles de Mâlik, de Shâfiʿî, d’Ahmad et d’autres. En effet, le Prophète ﷺ a dit : « Retarder le paiement quand on en a les moyens est une injustice. » Or, l’injuste mérite la sanction, puisque celle-ci n’est infligée qu’en raison d’un devoir délaissé ou d’un interdit commis. Le Prophète ﷺ a encore déclaré : « La tergiversation de celui qui peut payer autorise son blâme et son châtiment. » Malgré tout, le droit qu’il détient sur son épouse ne s’annule nullement ; il conserve bel et bien la faculté de la maintenir confinée dans sa demeure.