Quant à l’avis des savants du Ḥijâz, c’est bien lui qui est juste, comme l’attestent à la fois les principes juridiques, les textes révélés et la raison saine. Dieu, exalté soit-Il, a certes rendu licites les choses bonnes et prohibé les mauvaises ; or la qualité de bonté ou de mal s’attache à un objet en fonction des attributs qui lui sont inhérents. Tant que ces attributs subsistent, le jugement demeure ; s’ils disparaissent et laissent place à leurs contraires, le jugement disparaît et son opposé prend le relais. Voilà le pur raisonnement analogique, conforme à la logique. Ainsi, cette eau ou cette nourriture était bonne parce que l’attribut qui fonde sa bonté y était présent. Lorsque cet attribut disparaît et qu’il est remplacé par l’attribut de la souillure, elle devient mauvaise ; si, à son tour, l’attribut de la souillure s’évanouit, elle revient à son état premier. Il en va de même pour un jus agréable : lorsqu’il fermente, il devient mauvais, mais s’il retrouve son état initial, il redevient bon. De même, une grande masse d’eau altérée par une impureté devient mauvaise ; lorsque l’altération cesse, elle redevient bonne. Il en est encore ainsi de l’homme musulman : s’il apostasise, il devient impur ; lorsqu’il revient à l’Islam, il retrouve sa pureté. La preuve de cette pureté repose à la fois sur la perception sensible et sur la Loi. Du point de vue sensible, aucune trace de souillure n’apparaît – ni couleur, ni goût, ni odeur ; il est donc impossible d’attribuer un qualificatif dérivé lorsque la réalité d’où il dérive est absente. Quant à la preuve scripturaire, elle se présente sous plusieurs angles. 1. Cet eau était bonne avant le contact avec l’élément susceptible de l’affecter, et le principe veut que ce qui est établi reste tel qu’il est jusqu’à ce que soit prouvée sa levée. Cela englobe les trois formes d’istishâb (présomption de continuité) exposées plus haut (1) : a) l’istishâb de la décharge de tout péché, qu’on la boive, qu’on l’utilise pour la cuisson ou pour pétrir de la pâte ; b) l’istishâb du jugement établi, à savoir sa pureté ; c) l’istishâb du jugement établi par le consensus concernant la question débattue. 2. Si quelqu’un buvait cette eau dans laquelle serait tombée une goutte de vin, comme
(1) Voir : Ilam al-muwaqqi’in, t. 1, p. 339.
وقول أهل الحجاز هو الصواب الذي تدل عليه الأصول والنصوص والمعقول؛ فإن الله سبحانه أباح الطيبات وحرَّم الخبائث، والطيب والخبث يثبت للمحَلِّ باعتبار صفات قائمة به، فما دامت تلك الصفة فالحكم تابع لها، فإذا زالت وخلَفتها الصفة الأخرى زال الحكم وخلفه ضده، فهذا هو محْضُ القياس والمعقول، فهذا الماء والطعام كان طيبًا لقيام الصفة الموجبة لطيِبه، فإذا زالت تلك الصفة وخلفتها صفة الخبث عاد خبيثًا، فإذا زالت صفة الخبث عاد إلى ما كان عليه، وهذا كالعصير الطيب إذا تخمَّر صار خبيثًا فإذا عاد إلى ما كان عليه عاد طيبًا، والماء الكثير إذا تغير بالنجاسة صار خبيثًا فإذا زال التغير عاد طيبًا، والرجل المسلم إذا ارتدَّ صار خبيثًا فإذا عاد إلى الإسلام عاد طيبًا، والدليل على أنه طيب: الحس والشرع. أمّا الحس فلأن الخبث لم يظهر له فيه أثر بوجه ما، لا في لون ولا طعم ولا رائحة، ومُحال صِدْقُ المشتقِّ بدون المشتق منه. وأمّا الشرع فمن وجوه: أحدها: أنه كان طيبًا قبل ملاقاته لما يتأثر به، والأصل بقاء ما كان على ما كان حتى يثبت رفعه، وهذا يتضمن أنواع الاستصحاب الثلاثة المتقدمة (١): استصحاب براءة الذمة من الإثم بتناوله شربًا أو طبخا أو عجنا، وملابسة استصحاب الحكم الثابت وهو الطهارة، واستصحاب حكم الإجماع في محل النزاع. الثاني: أنه لو شرب هذا الماء الذي قطرت فيه قطرة من خمر مثل
(١) انظر: «إعلام الموقعين» (١/ ٣٣٩).