une obligation ; et tous les êtres humains sont tenus à des devoirs – subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs proches, acquitter leurs dettes, etc. Délaisser ces obligations est une injustice avérée, tandis que les accomplir malgré un soupçon n’est pas une injustice certaine. Comment donc quelqu’un se garderait-il d’une injustice seulement éventuelle en tombant dans une injustice manifeste ? C’est pour cela que Saʿîd ibn al-Musayyib a dit : « Il n’y a aucun bien en celui qui n’aime pas la richesse : il s’en sert pour adorer son Seigneur, s’acquitter de ses dépôts, se préserver lui-même et se passer des créatures. » ⦗Al-Furūʿ 4/292 (6/457)⦘ (1).
722 – Lorsque l’épouse intente une action contre son mari :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre maître a dit, à propos du cas où la demanderesse est une femme contre son époux : si celui-ci est emprisonné, aucun des droits qu’il possédait sur elle avant l’incarcération ne s’éteint ; il peut toujours les réclamer(2) après sa détention, tout comme s’il avait été incarcéré pour la dette de quelqu’un d’autre. Il lui est dès lors permis de l’obliger à demeurer dans sa maison et d’interdire à quiconque d’y entrer sans sa permission. S’il craint qu’elle ne sorte sans son autorisation, il peut la loger dans un endroit d’où elle ne puisse sortir, comme lorsqu’il voyage loin d’elle ou qu’un tiers l’a fait emprisonner.
Il n’est pas nécessaire de le détenir en un lieu déterminé ; le but est simplement de l’empêcher de disposer de ses biens avant qu’il ne s’acquitte de sa dette. Il est donc permis de le retenir dans une maison – fût-ce la sienne – pourvu qu’il ne puisse en sortir. Il est également licite qu’il soit emprisonné tandis qu’elle est chargée de veiller sur lui, si cela permet d’atteindre l’objectif, à savoir l’empêcher de sortir ; cela est d’ailleurs plus conforme à la Sunna, car le Prophète ﷺ ordonna au créancier de rester auprès de son débiteur et lui dit : « Qu’a donc fait ton prisonnier ? » Le mursim n’est autre que le mandataire du créancier chargé de cette surveillance.
Ainsi, si le mari n’a personne d’autre que lui pour garder son épouse et qu’il est possible de les enfermer tous deux dans une même maison – de sorte qu’elle l’empêche de sortir et qu’il l’empêche, elle, de sortir –, on procède ainsi : il détient sur elle le droit de la maintenir dans son domicile, et elle détient sur lui le droit de le retenir pour sa dette, et son droit