Notre maître a dit : Il n’est pas habilité à l’en empêcher sous prétexte qu’il craint une diminution du loyer de son bien, et ce point ne fait l’objet d’aucune divergence. Telles sont bien ses paroles. ⦗Al-Furūʿ 4/285 (6/449-450)⦘ (1). 715 – Lorsqu’un homme possède un palmier – ou tout arbre analogue – dans la propriété d’autrui et que les entrées du propriétaire de l’arbre causent un préjudice au propriétaire du sol ; 716 – Règle relative au préjudice : – Ibn Mufliḥ rapporte : « Ḥanbal a transmis que Samura possédait des palmiers dans le verger d’un Anṣârî ; ses fréquentes visites le gênaient, si bien qu’il se plaignit au Prophète ﷺ. Le Prophète dit alors à Samura : “Vends-la.” Il refusa. – “Échange-la.” Il refusa encore. – “Fais-m’en don ; tu auras son équivalent au Paradis.” Il refusa de nouveau. Le Prophète conclut : “Tu es un fauteur de préjudice ; va donc, et arrache ton palmier.” » Aḥmad a déclaré : « Dans tout cas semblable où il y a préjudice, on l’en empêche ; s’il persiste, l’autorité le contraint. Il n’est pas permis de nuire à son frère lorsque cela ne lui procure qu’une simple commodité. » Notre maître a émis le même avis en s’appuyant sur ce récit. Or la chaîne qui rapporte ce hadith d’Abū Jaʿfar al-Bāqir à Samura est rompue : Abū Jaʿfar naquit en 56 H, tandis que Samura est m. 58 ou 59 H. Abū Dâwûd l’a également transmis par la voie d’Abū Jaʿfar d’après Samura, et, à première vue, les propos de nos auteurs laissent entendre le contraire. Notre maître ajoute : « Le préjudice (*ḍirâr*) est interdit par le Coran et la sunna. Il est évident que la vexation et la nuisance reposent soit sur l’intention de nuire, soit sur la réalisation d’un dommage dont on peut se passer. Ainsi, quiconque se propose délibérément de porter tort – fût-ce par un acte licite – ou cause un dommage sans y avoir droit est réputé fauteur de préjudice (*muḍārr*). En revanche, celui qui occasionne un dommage nécessaire à un besoin légitime, sans intention de nuire, n’est pas considéré comme tel. C’est dans ce sens que se comprend la parole du Prophète ﷺ au sujet du palmier qui se trouvait…"
(1) Al-Ikhtiyārāt de al-Ba‘alī (p. 199). Voir Al-Fatāwā, vol. 30, p. 15.
قال شيخنا: وليس له منعه خوفًا من نقص أجرة ملكه، بلا نزاع. كذا قال) [الفروع ٤/ ٢٨٥ (٦/ ٤٤٩ - ٤٥٠)] (١). ٧١٥ - من كان له نخلة ونحوها في أرض رجل فلحق رب الأرض من دخوله ضرر: ٧١٦ - وحكم الضرار: - قال ابن مفلح: (روى حنبل: أن سمرة كان له نخل في حائط أنصاري، فآذاه بدخوله، فشكاه إلى النبي ﷺ، فقال لسمرة: «بعه» فأبى، فقال: «ناقله» فأبى، فقال: «هبه لي، ولك مثله في الجنة» فأبى، فقال: «أنت مضار، اذهب فاقلع نخله». قال أحمد: كلما كان على هذه الجهة وفيه ضرر يمنع منه، وإلا أجبره السلطان، ولا يضر بأخيه إذا كان مرفقًا له. وقاله شيخنا محتجا بهذا الخبر، وهو من حديث أبي جعفر الباقر عن سمرة منقطع؛ لأن أبا جعفر ولد سنة ست وخمسين، ومات سمرة سنة ثمان أو تسع وخمسين، ورواه أبو داود من حديث أبي جعفر عن سمرة، وظاهر كلام الأصحاب: لا. قال شيخنا: الضرار محرم بالكتاب والسنة، ومعلوم أن المشاقة والمضارة مبناها على القصد والإرادة، أو على فعل ضرر لا يحتاج إليه، فمتى قصد الإضرار ولو بالمباح، أو فعل الإضرار من غير استحقاق فهو مضار، وأما إذا فعل الضرر المستحق للحاجة إليه والانتفاع به، لا لقصد الإضرار فليس بمضار، ومن ذلك قوله ﷺ في حديث النخلة التي كانت
(١) «الاختيارات» للبعلي (١٩٩)، انظر: «الفتاوى» (٣٠/ ١٥).