Et si vous répliquez : « Le même jugement vaut dans certains situations », nous disons : cette prétention est irrecevable auprès de ceux qui affirment que l’eau ne devient impure qu’en cas de changement sensible.
Si l’on poursuit : « On doit assimiler l’eau dont l’aspect n’a pas changé à celle dont l’aspect a changé », on répond : voilà un raisonnement analogique des plus infondés, aussi bien d’un point de vue empirique que juridique. Déclarer que l’usage de l’eau pour ôter une souillure contredit l’analogie n’est pas plus légitime que d’alléguer que le fait de rendre l’eau impure contredit l’analogie. Bien au contraire, l’analogie correcte veut que l’eau, lorsqu’elle entre en contact avec une impureté, ne devienne pas elle-même impure, pas plus qu’elle ne le devient lorsqu’elle touche cette même impureté au moment de l’éliminer. Cette analogie est plus juste que la précédente, car la souillure disparaît effectivement grâce à l’eau, de façon concrète et reconnue par la Loi, chose établie de façon indubitable par le texte et par le consensus. Quant à l’idée que l’eau soit rendue impure du seul fait du contact, elle est objet de controverse ; comment donc prendre ce point litigieux comme preuve contre un point faisant l’unanimité ? L’analogie commande plutôt de ramener les cas contestés aux cas consensuels.
La raison, elle aussi, indique que l’eau, tant que la souillure n’en a pas altéré l’odeur, la couleur ou le goût, reste pure : elle demeure telle que Dieu l’a créée, bonne et licite. Elle relève donc de Sa parole : « Il leur rend licites les bonnes choses et leur interdit les mauvaises » (Al-Aʿrâf, 157). Tel est, par analogie, le même jugement pour tous les liquides : si une impureté y tombe et s’y transforme au point qu’on n’en perçoive ni couleur, ni goût, ni odeur, ils ne deviennent pas impurs.
Les juristes ont divergé à ce sujet : l’analogie impose-t-elle que l’eau devienne impure dès qu’elle touche une souillure, sauf exception textuelle ? Ou bien impose-t-elle qu’elle ne soit jugée impure qu’en cas de changement sensible ? Deux avis se sont ainsi formés : le premier est celui des savants d’Irak, le second celui des savants du Ḥijâz. Quant aux spécialistes du ḥadith, certains penchent pour l’un, d’autres pour l’autre.
فإن قلتم: الحكم في بعض الصور كذلك، قيل: هذا ممنوع عند من يقول: إن الماء لا ينْجُس إلا بالتغير.
فإن قيل: فيقاس ما لم يتغير على ما تغير، قيل: هذا من أبطل القياس حسًا وشرعا، وليس جَعلُ الإزالة مخالفةً للقياس بأولى من جعل تنجيس الماء مخالفًا للقياس، بل يقال: إن القياس يقتضي أن الماء إذا لاقى نجاسة لا ينجس، كما أنه إذا لاقاها حال الإزالة لا ينجس، فهذا القياسُ أصحُّ من ذلك القياس؛ لأن النجاسة تزول بالماء حسًا وشرعًا، وذلك معلوم بالضرورة من الدين بالنص والإجماع، وأما تنجيس الماء بالملاقاة فمورد نزاع، فكيف يجعل مورد النزاع حجة على مواقع الإجماع؟ ! والقياسُ يقتضي رد موارد النزاع إلى مواقع الإجماع.
وأيضًا فالذي تقتضيه العقولُ أن الماء إذا لم تغيره النجاسة لا ينجس؛ فإنه باقٍ على أصل خلقته، وهو طيب، فيدخل في قوله: ﴿وَيُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَائِثَ﴾ [لأعراف: ١٥٧]، وهذا هو القياس في المائعات جميعها إذا وقع فيها نجاسة فاستحالت بحيث لم يظهر لها لون ولا طعم ولا ريح.
وقد تنازع الفقهاء: هل القياس يقتضي نجاسة الماء بملاقاة النجاسة إلا ما استثناه الدليل، أو القياس يقتضي أنه لا ينجس إذا لم يتغير؟ على قولين، الأول قول أهل العراق، والثاني قول أهل الحجاز، وفقهاء الحديث منهم من يختار هذا ومنهم من يختار هذا.