— Il a encore rapporté : « Hammâd ibn Salama a dit : J’ai vu Iyâs ibn Muʿâwiya se prononcer au sujet d’un homme ayant mis un bien en gage. Le créancier-nantisseur déclara : “Il me l’a engagé pour dix”, tandis que le constituant affirma : “Je le lui ai engagé pour cinq.” Iyâs dit alors : Si le constituant dispose d’une preuve établissant qu’il lui a remis le gage, sa parole prévaut ; mais, s’il ne possède aucune preuve (1) et que le gage se trouve dans la main du créancier, la parole de ce dernier l’emporte, car, s’il l’avait voulu, il aurait pu nier l’existence même du gage.
Je dis : voici une troisième opinion sur la question, et elle fait partie des meilleures. En effet, le fait que le créancier reconnaisse le gage — alors qu’il le détient et que le constituant ne dispose d’aucun témoignage — atteste de sa véracité et de la légitimité de sa revendication ; s’il avait été dans l’erreur, il aurait nié purement et simplement le gage. Mâlik et notre maître — qu’Allah leur fasse miséricorde — estiment que la parole du créancier-nantisseur prévaut tant qu’il ne réclame pas plus que la valeur du gage, tandis qu’al-Shâfiʿî, Abû Ḥanîfa et Aḥmad (qu’Allah les agrée) donnent toujours préséance à la parole du constituant. » ⦗Al-ṭuruq al-ḥukmiyya 25⦘.
— Il a encore dit : « Lorsque le constituant et le créancier divergent quant au montant, la parole du créancier-nantisseur, appuyée par son serment, prévaut, à condition qu’il ne réclame pas plus que la valeur du gage, selon l’avis de Mâlik et des gens de Médine ; la plupart des juristes s’en écartent. Son avis demeure toutefois le plus solide, et c’est celui que notre maître (qu’Allah lui fasse miséricorde) a choisi. » ⦗Al-ṭuruq al-ḥukmiyya 165⦘ (2).
(1) Ainsi ; peut-être faut-il lire « badfa‘ ».
(2) Al-Ba‘li, al-Ikhtiyarat, p. 197.
- وقال أيضا: (وقال حماد بن سلمة: شهدت إياس بن معاوية يقول في رجل ارتهن رهنا، فقال المرتهن: رهنته بعشرة. وقال الراهن: رهنته بخمسة، فقال: إن كان للراهن بينة أنه دفع إليه الرهن فالقول ما قال الراهن، وإن لم يكن له بينة يدفع (١) الرهن إليه، والرهن بيد المرتهن، فالقول ما قال المرتهن، لأنه لو شاء جحده الرهن.
قلت: وهذا قول ثالث في المسألة، وهو من أحسن الأقوال، فإن إقراره بالرهن ــ وهو في يده ولا بينة للراهن ــ دليل على صدقه، وأنه محق، ولو كان مبطلا لجحده الرهن رأسا، ومالك وشيخنا رحمهما الله يجعلان القول قول المرتهن، ما لم يزد على قيمة الرهن، والشافعي وأبو حنيفة وأحمد (رضي الله عنهم) يجعلون القول قول الراهن مطلقا) [الطرق الحكمية ٢٥].
- وقال أيضا: (إذا اختلف الراهن والمرتهن في قدره، فالقول قول المرتهن مع يمينه، ما لم يدع أكثر من قيمة الرهن عند مالك وأهل المدينة وخالفه الأكثرون، ومذهبه أرجح، واختاره شيخنا (رحمه الله)) [الطرق الحكمية ١٦٥] (٢).
(١) كذا، ولعلها: (بدفع).
(٢) «الاختيارات» للبعلي (١٩٧).