Je dis : cela ne contredit en rien l’attitude d’Aḥmad. Nous sommes ici dans un cas, tandis que ce qu’il a fait en est un autre. En effet, le constituant du gage et le créancier-nantisseur sont convenus qu’il s’agissait d’un gage ; puis ils ont rédigé l’acte comme une vente immédiate, tout en se mettant d’accord pour qu’il demeure un gage. L’opération apparaît donc, sur le papier, comme un achat, mais, en réalité, c’est un gage. Qu’y a-t-il de commun entre cela et leur déclaration, publique et privée : « Si je m’acquitte de ma dette à l’échéance, soit ; sinon, le gage t’appartient en règlement de ta créance » ? Ne vois-tu pas qu’Aḥmad a qualifié la première pratique de mensonge ? Or, lorsqu’un contrat est conclu sous condition, il ne s’agit pas d’un mensonge. Rien, dans les textes scripturaires ni dans les principes juridiques, ne proscrit de subordonner une vente à une condition ; la vérité est que cela est permis, car « les musulmans sont tenus par leurs conditions », sauf si la condition rend licite un interdit ou illicite un permis — ce qui n’est pas le cas ici. La conclusion correcte est donc la validité de ce contrat ; tel est l’avis de notre maître et la pratique de notre imâm. [Badāʾiʿ al-fawāʾid 4/95 (4/1470)]
694 – Rénovation d’un bien waqf, dans les limites de l’usage, en vue d’une indemnisation
Ibn Mufliḥ a dit : « Si quelqu’un effectue des travaux dans une maison qu’il détient en gage, il récupère ses outils ; on a également dit : et tout ce qui sert à préserver la valeur de la maison. Dans les Nawādir, il est énoncé sans restriction : il reprend [ses dépenses]. Notre maître a tenu la même position au sujet de celui qui, dans les limites convenues, rénove un bien de waqf afin d’en percevoir la compensation : il la prélève sur les revenus du bien. » [Al-Furūʿ 4/224-225 (6/377-378)] (1)
695 – Divergence entre constituant et créancier sur le montant de la dette en l’absence de témoins
Ibn al-Qayyim a dit : « Lorsqu’un homme met en gage une maison ou une marchandise pour garantir une dette, sans qu’aucun témoin n’atteste l’opération ni qu’un écrit ne l’entérine, c’est la parole du créancier-nantisseur qui prévaut quant au montant dû, tant qu’il ne réclame pas davantage que la valeur du gage ; tel est l’avis de Mâlik. Al-Shâfiʿî, Abû Ḥanîfa et Aḥmad estiment, eux, que la parole revient au constituant du gage. L’opinion de Mâlik est la plus solide ; elle est aussi celle retenue par notre maître. » [Ighāthat al-lahfān 2/62]