Si le constituant du gage objecte : « Je ne t’ai pas autorisé à engager cette dépense », le créancier-nantisseur lui répond : « Elle t’incombait ; j’ai donc le droit de t’en réclamer le remboursement, car elle a été faite pour préserver le bien mis en gage comme le bien loué. » Or, si celui qui a avancé les frais consent à se dédommager par l’usage du gage – pour une valeur équivalente à la dépense – il aura fait œuvre bienfaisante envers son propriétaire ; c’est un pur avantage, et, à défaut même d’un texte explicite, le qiyâs (analogie juridique) le commanderait. Dans le prolongement de cette analogie, lorsqu’un dépositaire, un associé ou un mandataire entretient un animal et se rembourse de ses frais en le montant ou en en tirant le lait, cela est permis, tout comme pour le créancier-nantisseur. [Iʿlâm al-muwaqqiʿîn, 2/41-43] (1) 693 – Subordonner le gage à une condition Ibn al-Qayyim déclare : « Si le constituant dit au créancier : “Si, avant telle date, je m’acquitte de ta créance, soit ; sinon, le gage t’appartient en règlement de la dette contractée auprès de toi”, c’est une pratique qu’imâm Aḥmad a lui-même appliquée durant son pèlerinage. Ses disciples, toutefois, l’ont interdite, affirmant qu’il s’était prononcé en sens contraire dans la version rapportée par Ḥarb, où il dit : “Le chapitre du gage que l’on fait rédiger comme une vente.” On demanda à Aḥmad : “Deux contractants ont entre eux un gage et le rédigent sous forme d’acte de vente.” Il le désapprouva avec la plus vive fermeté et déclara : “Avant tout, c’est un mensonge : c’est un gage que l’on écrit comme s’il s’agissait d’une vente.” Il le réprouva donc sévèrement. Ibn ʿAqîl commente : “Le sens est que le créancier rédige un acte d’achat d’un commun accord avec le constituant ; si celui-ci ne lui remet pas son dû à telle échéance, le gage devient vente conclue. C’est nul parce qu’on subordonne la vente à une condition, et illicite parce que c’est un mensonge et une appropriation injuste de biens.”
(1) Ce passage fait partie de la réponse déjà mentionnée (p. 57-58). Il figure dans « al-Fatawa » (vol. 20, p. 560-561) et comporte ici des ajouts qui n’apparaissent pas dans cette édition.
فإن قال الراهن: أنا لم آذن لك في النفقة، قال: هي واجبة عليك، وأنا أستحق أن أطالبك بها لحفظ المرهون والمستأجر، فإذا رضي المنفق بأن يعتاض بمنفعة الرهن، وكانت نظير النفقة= كان قد أحسن إلى صاحبه، وذلك خير محض، فلو لم يأت به النص لكان القياس يقتضيه. وطرد هذا القياس: أن المودع والشريك والوكيل إذا أنفق على الحيوان، واعتاض عن النفقة بالركوب والحلب جاز ذلك، كالمرتهن) [إعلام الموقعين ٢/ ٤١ - ٤٣] (١). ٦٩٣ - تعليق الرهن على الشرط: - قال ابن القيم: (إذا قال الراهن للمرتهن: إن جئت بحقك إلى كذا وإلا فالرهن لك بالدين الذي أخذته منك، فقد فعله الإمام أحمد في حجته، ومنع منه أصحابه، وقالوا: نصَّ في رواية حرب على خلافه، فقال: بابُ الرهنِ يُكتب شراءً. قيل لأحمد: المتبايعان بينهما رهن فيكتبان شراء، فكرهه كراهة شديدة، وقال: أول شيء أنه يكذب، هو رهن يكتب شراء، فكرهه جدًا. قال ابن عقيل: ومعنى هذا أن المرتهن يكتب شراء لموافقة بينه وبين الراهن، وإن لم يأته بالحق إلى وقت كذا يكون الرهن مبيعا، فهو باطل من حيث تعليق البيع على الشرط، وحرام من حيث أنه كذب، وأكل مال بالباطل.
(١) هذا النص ضمن الجواب الذي سبقت الإشارة إليه (ص ٥٧ - ٥٨)، وهو في «الفتاوى» (٢٠/ ٥٦٠ - ٥٦١) وما هنا فيه زيادات ليست في «الفتاوى».