Chapitre du nantissement (al-rahn) 692 – Dépenser pour le bien gagé sans l’autorisation du constituant : – Ibn al-Qayyim déclare : « Parmi les exemples (1) que l’on avance, figure l’opinion de ceux qui soutiennent que le ḥadith authentique – à savoir cette parole : « Le gage peut être monté et trayé ; et celui qui le monte ou le trait doit assurer sa dépense » – contredit le raisonnement analogique (qiyâs). Selon eux, il autorise une personne autre que le propriétaire à monter la monture et à la traire tout en ne la rendant redevable que des frais d’entretien, non de la valeur de l’animal ; il s’opposerait donc au qiyâs sous deux aspects. La vérité est toutefois conforme au contenu même du ḥadith, et les règles comme les principes de la šarîʿa n’exigent rien d’autre. Lorsque le gage est un animal, celui-ci est, en lui-même, digne de protection par droit d’Allah ; le propriétaire jouit du droit de propriété, tandis que le créancier-nantisseur dispose d’un droit de garantie. Or Allah – exalté soit-Il – a institué que le gage soit remis entre les mains du créancier. Dès lors, si l’animal reste auprès de lui sans qu’il le monte ni ne le trait, son utilité se perd en pure perte. S’il permettait au propriétaire de le monter, l’animal échapperait à sa main et à sa garantie. Imposer au propriétaire de venir sans cesse prendre le lait lui infligerait une peine excessive, surtout si la distance est grande. De même, astreindre le créancier à vendre le lait puis à en conserver le prix pour le propriétaire serait lourd pour lui. L’équité, le qiyâs, ainsi que l’intérêt conjugué du propriétaire, du créancier et de l’animal commandent donc que le créancier bénéficie de la monte et de la traite, et qu’en contre-partie il en assume l’entretien. Cette solution réunit les deux avantages et préserve les deux droits : la nourriture de l’animal incombe obligatoirement à son propriétaire, et lorsque le créancier la prend à sa charge, il s’acquitte pour lui d’un devoir et détient un droit de recours. Le bénéfice qu’il retire de la monte et de la traite peut parfaitement servir de compensation ; percevoir cette utilité vaut mieux que de la laisser se perdre au détriment de son propriétaire. » (1) Note de l’auteur dans le texte original.
(1) Désigne l'une des questions pour lesquelles il a été affirmé qu'elles sont contraires au qiyas (analogie juridique).
باب الرهن ٦٩٢ - إذا انفق على الرهن بدون إذن الراهن: - قال ابن القيم: (ومن ذلك (١) قول بعضهم: إن الحديث الصحيح، وهو قوله: «الرهن مركوب ومحلوب، وعلى الذي يركب ويحلب: النفقة» على خلاف القياس، فإنه جوَّز لغير المالك أن يركب الدابة وأن يحلبها، وضمنه ذلك بالنفقة لا بالقيمة، فهو مخالف للقياس من وجهين. والصواب ما دل عليه الحديث، وقواعد الشريعة وأصولها لا تقتضي سواه، فإن الرهن إذا كان حيوانًا= فهو محترم في نفسه لحق الله سبحانه، وللمالك فيه حق الملك، وللمرتهن حق الوثيقة، وقد شرع الله سبحانه الرهن مقبوضًا بيد المرتهن. فإذا كان بيده فلم يركبه ولم يحلبه= ذهب نفعه باطلًا، وإن مكن صاحبه من ركوبه خرج عن يده وتوثيقه، وإن كلف صاحبه كل وقت أن يأتي ليأخذ لبنه شق عليه غاية المشقة، ولا سيما مع بعد المسافة، وإن كلف المرتهن بيع اللبن وحفظ ثمنه للراهن شق عليه، فكان مقتضى العدل والقياس، ومصلحة الراهن والمرتهن والحيوان= أن يستوفي المرتهن منفعة الركوب والحلب، ويعوض عنهما بالنفقة، ففي هذا جمع بين المصلحتين، وتوفير الحقين، فإن نفقة الحيوان واجبة على صاحبه، والمرتهن إذا أنفق عليه أدى عنه واجبًا، وله فيه حق، فله أن يرجع ببدله، ومنفعة الركوب والحلب تصلح أن تكون بدلًا، فأخذها خير من أن تهدر على صاحبها
(١) أي من المسائل التي قيل فيها: إنها على خلاف القياس.