690 – Ajournement de la dette : – Ibn Mufliḥ rapporte : « Dans le Muğaz, il est dit qu’il est licite d’accorder un prêt portant sur un animal ou un vêtement au Bayt al-Mâl ou à un simple particulier musulman. Le débiteur n’est alors pas astreint à restituer l’objet même ; son équivalent s’inscrit dans sa dhimma (responsabilité) immédiatement, fût-ce que le créancier lui en accorde un délai. Notre shaykh s’y oppose et ne cite cette opinion qu’à titre de possibilité (1). » [Al-Furūʿ 4/202 (6/349)] (2). 691 – S’il prête à son métayer des semences et lui ordonne de les ensemencer tout en stipulant qu’elles demeurent à sa charge : – Ibn Mufliḥ indique : « Si le propriétaire lui enjoint de semer les graines tout en précisant qu’elles restent dans sa dhimma, comme c’est l’usage (3), le contrat est vicié ; il peut toutefois en fixer un équivalent déterminé (4). Si les graines viennent à périr, il n’en porte pas la responsabilité, car il les détient à titre de dépôt. Cette position est rapportée par notre shaykh. » [Al-Furūʿ 4/207 (6/356-357)] (5).
(1) Dans ses Hawashi sur al-Furuʿ, Ibn Qundis note qu’il est dit dans al-Ikhtiyarat que l’endettement (« din ») reste dû lorsqu’on en reporte l’échéance, que ce soit pour un prêt (qard) ou pour toute autre créance. C’est l’avis de Mālik et l’opinion préférée dans l’école de Aḥmad ; il exclut toutefois, selon l’une des deux chaînes de transmission attribuées à Aḥmad, le report de l’ʿâriyah (prêt à usage), et, selon l’autre chaîne, la validité de l’ajout de l’échéance et de l’option après la conclusion du contrat. (2) al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli, p. 194. (3) Dans al-Insaf (tome 12, p. 351) : « comme c’est l’usage des gens ». (4) Dans al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli : « nasib » (part). (5) Dans al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli (p. 194) : « Même s’il prêtait à ses métayers une certaine quantité d’orge (budran) et leur ordonnait de la semer selon l’usage courant, le prêt resterait à sa charge et serait invalide ; ils auraient droit à la même quote-part (nasib al-mithl), et si le produit venait à se détériorer, il n’en serait pas garant, car il s’agit d’une amanah (dépôt). » Voir aussi al-Fatawa, vol. 29, pp. 533–535.
٦٩٠ - تأجيل الدين: - قال ابن مفلح: (وفي «الموجز»: يصح قرض حيوان وثوب لبيت المال ولآحاد المسلمين، ولا يلزمه رد عينه، بل يثبت بدله في ذمته حالا ولو أجله، وخالف شيخنا، وذكره وجها (١)) [الفروع ٤/ ٢٠٢ (٦/ ٣٤٩)] (٢). ٦٩١ - إذا أقرض فلاحه بذرا وأمره ببذره وأنه في ذمته: - قال ابن مفلح: (ولو أمره ببذره، وأنه في ذمته كالمعتاد (٣) = ففاسد، له تسمية (٤) المثل، ولو تلف لم يضمنه، لأنه أمانة، ذكره شيخنا) [الفروع ٤/ ٢٠٧ (٦/ ٣٥٦ - ٣٥٧)] (٥).
(١) قال ابن قندس في «حواشيه على الفروع»: (قال في «الاختيارات»: والدين الحال يتأجل بتأجيله، سواء كان الدين قرضا أو غيره، وهو قول مالك، ووجه في مذهب أحمد، ويخرج رواية عن أحمد من إحدى الروايتين في تأجيل العارية، ومن إحدى الروايتين في صحة إلحاق الأجل والخيار بعد لزوم العقد) ا. هـ. (٢) «الاختيارات» للبعلي (١٩٤). (٣) في «الإنصاف» (١٢/ ٣٥١): (كالمعتاد في فعل الناس). (٤) في «الاختيارات» للبعلي: (نصيب). (٥) «الاختيارات» للبعلي (١٩٤)، وفيها: (ولو أقرض أكَّاره بذرا، وأمره ببذره، وأنه في ذمته كما يفعله الناس، فهو فاسد، وله نصيب المثل، ولو تلف لم يضمنه، لأنه أمانة) ا. هـ وانظر: «الفتاوى» (٢٩/ ٥٣٣ - ٥٣٥).