une compensation pour la dette de salam sous la forme d’un bien d’une autre catégorie ? Deux positions sont rapportées :
1. La première juge la chose illicite : il faut d’abord percevoir la dette puis en disposer comme on l’entend. C’est l’avis du šarîf Abû Jaʿfar et l’opinion adoptée par Abû Ḥanîfa.
2. La seconde l’autorise. C’est le choix du qâḍî Abû Yaʿlâ et de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya, l’avis de l’école šâfiʿite, et l’opinion correcte ; en effet, il s’agit d’une contre-partie définitivement due dans le patrimoine, qu’il est donc permis d’échanger comme toute autre dette, qu’il s’agisse d’un prêt ou autre. [Tahḏîb al-sunan 5/260] (1)
681 – Vente d’une dette établie :
682 – Donation d’une dette :
Ibn Mufliḥ dit : « La vente d’une dette ferme est valide lorsqu’elle est conclue avec le débiteur lui-même, non avec un tiers. Quant à la donner en gage auprès d’un débiteur pour garantir une créance qu’il détient, deux versions sont rapportées dans al-Intiṣâr. Il existe, d’après l’imâm Aḥmad, une version qui l’admet dans les deux cas (2) ; tel est l’avis de notre shaykh, qu’il a explicitement mentionné en plusieurs endroits (3). Une autre version, également attribuée à Aḥmad, l’interdit ; c’est l’option choisie par al-Khallâl, qui la rapporte dans ʿUyûn al-masâʾil de la part de son condisciple, tout comme pour la dette de salam. Dans al-Mubhij et ailleurs, on trouve encore une version qui la valide ; c’est celle retenue par notre shaykh (4), et c’est aussi la position d’Ibn ʿAbbâs, mais seulement à concurrence de sa valeur, afin de ne pas…"
(1) Voir : al-Fatawa, t. 29, p. 503-519.
(2) C’est-à-dire « min al-gharim » (le débiteur) et d’autres, comme dans al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘li. Et Allah sait mieux.
(3) Ibn al-Qayyim, dans Tahdhib al-Sunan (t. 4, p. 1665, éd. al-Ma‘arif), dit : « … ils ont déclaré qu’Aḥmad a expressément autorisé la vente de la dîme pour celui qui en est redevable ainsi que pour autrui — bien que la plupart de nos maîtres ne rapportent pas qu’il l’ait permise pour ceux qui n’en sont pas débiteurs —, car il l’a mentionnée à plusieurs reprises, comme l’a rapporté notre cheikh Abû al-‘Abbâs Ibn Taymiyya (qu’Allah lui fasse miséricorde). »
(4) Al-Ba‘li, dans al-Ikhtiyarat, déclare : « Il n’y a pas de différence entre la dîme de la salam et les autres ; c’est une transmission d’après Aḥmad. »
عن دين السلم عوضًا من غير جنسه؟ فيه وجهان:
أحدهما: لا يجوز ذلك، حتى يقبضه ثم يصرفه فيما شاء، وهذا اختيار الشريف أبي جعفر، وهو مذهب أبي حنيفة.
والثاني: يجوز أخذ العوض عنه، وهو اختيار القاضي أبي يعلى، وشيخ الإسلام ابن تيمية، وهو مذهب الشافعي، وهو الصحيح، فإن هذا عوض مستقر في الذمة، فجازت المعاوضة عليه كسائر الديون من القرض وغيره) [تهذيب السنن ٥/ ٢٦٠] (١).
٦٨١ - بيع الدين المستقر:
٦٨٢ - وهبة الدين:
- قال ابن مفلح: (يصح بيع الدين المستقر من الغريم لا من غيره، وفي رهنه عند مدين بحق له روايتان في «الانتصار»، وعنه: يصح منهما (٢)، قاله شيخنا، نص عليه في مواضع (٣)، وعنه: لا، اختاره الخلال، وذكره في «عيون المسائل» عن صاحبه، كدين السلم، وفي «المبهج» وغيره رواية: يصح فيه، اختاره شيخنا (٤)، وأنه قول ابن عباس، لكن بقدر القيمة فقط لئلا
(١) انظر: «الفتاوى» (٢٩/ ٥٠٣ - ٥١٩).
(٢) أي: من الغريم وغيره، كما في «الاختيارات» للبعلي، والله أعلم.
(٣) قال ابن القيم في «تهذيب السنن» (٤/ ١٦٦٥ ط. المعارف): ( ... قالوا: وقد نص أحمد على جواز بيع الدين لمن هو في ذمته ولغيره ــ وإن كان أكثر أصحابنا لا يحكون عنه جوازه لغير من هو في ذمته ــ فقد نص عليه في مواضع، حكاه شيخنا أبو العباس بن تيمية (رحمه الله) عنه).
(٤) قال البعلي في «الاختيارات»: (ولا فرق بين دين السلم وغيره، وهو رواية عن أحمد).