Chapitre du salam et de la gestion des dettes
678 – La conformité du salam au qiyâs
– Ibn al-Qayyim déclare : « Quant au salam, celui qui pense qu’il contrevient au qiyâs croit, à tort, qu’il entre dans la parole du Prophète ﷺ : “Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas”, car il s’agirait, selon lui, de la vente d’un bien inexistant qu’empêcherait l’analogie.
La position correcte est qu’il s’accorde, au contraire, avec le qiyâs : c’est une vente garantie dans la dhimma, portant sur un objet décrit qu’il est, en général, possible de livrer. Elle s’apparente à la contrepartie versée pour l’usage d’un bien dans un contrat de location, et nous avons déjà montré qu’elle concorde avec le qiyâs.
Comparer le salam à la vente d’un bien déterminé mais absent — sans savoir si l’on pourra se le procurer ou non — et qui expose vendeur et acheteur au gharar, revient à corrompre l’analogie dans sa forme comme dans son fond. Allah a mis dans la nature des gens doués de raison la distinction entre, d’une part, vendre ce que l’on ne possède pas et qu’il est impossible d’obtenir, et, d’autre part, conclure un salam sur une récolte garantie dans la dhimma, qu’il est habituellement possible de livrer. Mettre ces deux cas sur le même plan revient à confondre la bête morte avec l’animal dûment égorgé, ou le ribâ avec la vente licite.
Quant à la parole du Prophète ﷺ adressée à Ḥakîm ibn Ḥizâm : “Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas”, elle se comprend de deux manières :
1. Un homme vend un bien déterminé qui n’est pas en sa possession mais appartient à autrui ; il le vend, puis s’efforce de l’acquérir pour le remettre à l’acheteur. (1)
2. Il cherche à vendre ce qu’il n’est pas en mesure de livrer, même si la chose n’existe que comme dette dans sa dhimma, et cela
(1) Dans al-Fatâwa, à propos de cet aspect : « Il y a matière à réflexion. »
باب السلم والتصرف في الدين
٦٧٨ - موافقة السلم للقياس:
- قال ابن القيم: (وأما السلم: فمن ظن أنه على خلاف القياس= توهم دخوله تحت قول النبي ﷺ: «لا تبع ما ليس عندك» فإنه بيع معدوم، والقياس يمنع منه.
والصواب: أنه على وفق القياس، فإنه بيع مضمون في الذمة، موصوف، مقدور على تسليمه غالبًا، وهو كالمعاوضة على المنافع في الإجارة، وقد تقدم أنه على وفق القياس.
وقياس السلم على بيع العين المعدومة، التي لا يدري: أيقدر على تحصيلها أم لا؟ والبائع والمشتري منها على غرر= من أفسد القياس صورة ومعنى، وقد فطر الله العقلاء على الفرق: بين بيع الإنسان مالا يملكه ولا هو مقدور له، وبين السلم إليه في مغل مضمون في ذمته، مقدور في العادة على تسليمه، فالجمع بينهما كالجمع بين الميتة والمذكى، والربا والبيع.
وأما قول النبي ﷺ لحكيم بن حزام: «لا تبع ما ليس عندك» فيحمل على معنيين:
أحدهما: أن يبيع عينًا معينة، وهي ليست عنده، بل ملك للغير، فيبيعها، ثم يسعى في تحصيلها وتسليمها إلى المشتري (١).
والثاني: أن يريد بيع ما لا يقدر على تسليمه، وإن كان في الذمة، وهذا
(١) قال في «الفتاوى» عن هذا الوجه: (وفيه نظر).