si l’une des deux devises est effectivement remise tandis que l’autre demeure inscrite à la charge du débiteur, arrêtée à son cours du jour ; tel est l’avis explicite, fondé sur le hadith d’Ibn ʿUmar concernant la vente de chameaux au marché du Baqîʿ (1). Comme il s’agit d’un règlement, il devrait normalement être effectué par l’équivalent ; or, l’équivalent matériel étant ici impossible, on se rabat sur la valeur. Faut-il, néanmoins, que la dette soit arrivée à échéance ? Deux opinions sont rapportées. — Si, au contraire, la somme due par chacun demeure dans la responsabilité de l’autre et que les contractants procèdent malgré tout à un change, le texte dit : « L’opération n’est pas valable », jugement que notre Shaykh n’a pas suivi (2). ⦗Al-Furūʿ 4/166-167 (6/312)⦘ (3).
673 – L’alchimie, une tromperie
Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre Shaykh a déclaré : L’alchimie est une fraude. Elle consiste à faire ressembler ce qui est façonné – en or, en argent ou en toute autre matière – à la création d’Allah ; c’est intellectuellement invalide et illicite, sans la moindre divergence entre les savants musulmans, qu’elle repose ou non sur le rūbāṣ (4). On y associe fréquemment la sîmiyâ’, qui relève de la sorcellerie. Le verre, pour sa part, est un produit manufacturé, non une créature. Quiconque cherche à accroître sa richesse par ce qu’Allah a interdit sera puni par l’effet contraire, à l’instar de l’usurier ; pourtant l’alchimie est encore plus sévèrement proscrite que l’usure. Si elle était une pratique réelle et licite, un cinquième ou la zakât y seraient dus ; or aucun savant n’a jamais imposé pareille obligation. Prétendre que…"