; de même, lorsqu’on échange des fulūs en circulation contre une monnaie métallique, la même obligation de règlement immédiat s’impose. Ibn Manṣūr rapporte toutefois l’avis contraire : non permis. Cette position fut choisie par Ibn ʿAqīl ainsi que par notre Shaykh, et elle est mentionnée dans une narration ⦗Al-Furūʿ 4/162 (6/308)⦘ (1).
671 – Statut du nasâ’ (vente à terme) pour les biens non soumis au ribâ al-faḍl :
Ibn Mufliḥ dit : « Tout ce dont l’échange avec disparité est licite – comme les vêtements ou le bétail – admet aussi la vente à crédit… D’après une autre version, c’est interdit, le motif du nasâ’ étant pécuniaire. Selon une autre encore, c’est illicite lorsqu’un bien est vendu contre son homologue ; le fait d’appartenir à la même espèce constitue l’un des deux éléments causaux et produit donc son effet. D’après une quatrième narration, c’est interdit lorsqu’il existe une disparité ; tel est l’avis retenu par notre Shaykh. » ⦗Al-Furūʿ 4/164 (6/309-310)⦘ (2).
672 – Règle de l’échange lorsque chacun des deux contractants est débiteur d’une monnaie différente :
Ibn Mufliḥ déclare : « Il est permis, selon l’opinion la plus juste, de se faire payer une devise par une autre, si les deux parties sont présentes… »
(1) al-Ikhtiyarat de al-Baʿlī (p. 189). Dans un autre passage, il opte pour l’interdiction. Il écrit (qu’Allah lui fasse miséricorde), comme on le lit dans al-Fatâwâ (t. 29, p. 468-469) : « Sur la question de l’échange des sommes déboursées en dirhams, doit-on exiger la remise immédiate (ḥulūl) ou admettre le report (nasʾ) ? Deux avis sont connus dans le madhhab d’Abū Ḥanīfa et celui d’Aḥmad : l’un — retenu par Aḥmad dans sa version attestée, par Mālik et par une des deux traditions d’Abū Ḥanīfa — prohibe le report ; Mālik précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’un interdit manifeste (ḥarām bayyin). L’autre — défendu par ash-Shâfiʿī, par l’autre chaîne d’Abū Ḥanīfa et par Ibn ʿAqīl parmi les disciples d’Aḥmad — l’autorise. Certains interprètent l’avertissement d’Aḥmad comme une répréhension (makrāh), puisqu’il estime que « cela ressemble à un échange direct ». L’avis le plus probable reste néanmoins la prohibition, l’argent déboursé étant soumis aux règles des capitaux monétaires qui servent de référence pour la valeur des biens. »
(2) al-Ikhtiyarat de al-Baʿlī (p. 190). Il y déclare : « Ce pour quoi le troc est possible, comme les vêtements ou le bétail, on peut appliquer le report (nasʾ) si les valeurs sont égales, sinon non. C’est une transmission d’Aḥmad. » Voir aussi al-Fatâwâ (t. 29, p. 496).
بنقد، ونقل ابن منصور: لا. اختاره ابن عقيل وشيخنا، وذكره رواية) [الفروع ٤/ ١٦٢ (٦/ ٣٠٨)] (١).
٦٧١ - حكم النَسَأ فيما لا يدخله ربا الفضل:
- قال ابن مفلح: (وما جاز تفاضله ــ كثياب وحيوان ــ يجوز النسأ فيه ... وعنه: يحرم، فعلة النسأ المالية، وعنه: يحرم إن بيع بجنسه، فالجنس أحد وصفي العلة فأثر، وعنه: متفاضلًا، اختاره شيخنا) [الفروع ٤/ ١٦٤ (٦/ ٣٠٩ - ٣١٠)] (٢).
٦٧٢ - حكم التصارف إذا كان في ذمتيهما نقدان مختلفان:
- قال ابن مفلح: (ويجوز اقتضاء نقد من آخر على الأصح، إن حضر
(١) «الاختيارات» للبعلي (١٨٩).
واختار في موضع آخر المنع، قال (رحمه الله) ــ كما في «الفتاوى» (٢٩/ ٤٦٨ - ٤٦٩) ــ: (هذه المسألة فيها نزاع مشهور بين العلماء وهو صرف الفلوس النافقة بالدراهم، هل يشترط فيها الحلول أم يجوز فيها النسأ؟ على قولين مشهورين، هما قولان في مذهب أبي حنيفة وأحمد بن حنبل: أحدهما ــ وهو منصوص أحمد وقول مالك وإحدى الروايتين عن أبي حنيفة -: أنه لا يجوز، وقال مالك: ليس بالحرام البين. والثاني ــ وهو قول الشافعي وأبي حنفية في الرواية الأخرى وابن عقيل من أصحاب أحمد ــ: أنه يجوز، ومنهم من يجعل نهي أحمد للكراهة، فإنه قال: هو يشبه الصرف، والأظهر المنع من ذلك، فإن الفلوس النافقة يغلب عليها حكم الأثمان، وتجعل معيار أموال الناس) ا. هـ
(٢) «الاختيارات» للبعلي (١٩٠)، ونصه: (وما جاز التفاضل فيه كالثياب والحيوان يجوز النسأ فيه إن كان متساويا وإلا فلا، وهو رواية عن أحمد) ا. هـ، وانظر: «الفتاوى» (٢٩/ ٤٩٦).