Et notre shaykh a déclaré : « dès qu’il est en mesure d’en prendre possession. » Il a encore précisé : « Selon l’opinion apparente de l’école, la distinction pertinente est entre le bien dont on peut prendre possession et celui dont on ne le peut pas ; elle ne se confond pas avec la différence entre le bien déjà saisi et celui qui ne l’est pas. » Tels sont ses propos. ⦗Al-Furūʿ 4/138 (6/282)⦘ (1)
656 – Disposition d’un bien acquis par un contrat autre que la vente avant sa prise de possession :
657 – Lorsque la propriété d’un héritage, d’un legs ou d’un butin est déterminée, la validité de l’acte de disposition n’est pas subordonnée à la prise de possession :
– Ibn Mufliḥ écrit : « Tout équivalent (ʿiwaḍ) acquis par un contrat qui s’annule en cas de perte (2), telle une vente (3), relève de cette catégorie. Notre shaykh a néanmoins autorisé la vente et les autres formes de disposition, parce qu’il n’y a pas ici recherche de profit. Quant à ce qui ne s’annule pas par sa perte – comme le mariage, le khulʿ, l’affranchissement ou la composition (ṣulḥ) pour un homicide volontaire –, on a dit : c’est comme la vente, mais, en cas de destruction, il faut fournir un équivalent du même genre ou sa valeur, sans résiliation du contrat. Notre shaykh a retenu que les deux époux peuvent résilier le mariage lorsque disparaît une partie de l’objectif recherché, à l’image du vice affectant un objet vendu. D’aucuns soutiennent qu’il est permis de disposer du bien, avant sa saisie, lorsque le contrat ne se résilie pas ; cependant l’intéressé en assume la garantie. Dans Al-Mustawʿab et Al-Talkhîṣ, il est plutôt précisé que cette garantie est assimilée à celle applicable à la vente.
Et si la propriété devient déterminée par héritage, par legs ou par butin, la prise de possession n’est pas exigée – ainsi l’a indiqué notre shaykh, sans divergence (4) –, car il n’existe alors aucune responsabilité née d’un contrat onéreux, comme pour un bien vendu déjà saisi.