On pourrait objecter : « Vous rendez obligatoire un sāʿ de dattes partout, que celles-ci constituent ou non la nourriture habituelle des habitants. »
Nous répondons : la question fait l’objet d’une divergence et relève de l’ijtihâd. Certains imposent effectivement un sāʿ de dattes en tout lieu, d’autres exigent, dans chaque pays, un sāʿ de la denrée qui y tient lieu d’aliment de base. Il en va de même pour la zakât al-fiṭr : bien que le Prophète ﷺ ait nommé cinq catégories d’aliments, chaque région s’acquitte d’un sāʿ de sa propre nourriture ordinaire. Cette dernière opinion est la plus forte et la plus conforme aux principes de la Sharîʿa ; autrement, comment demanderait-on à des gens dont la subsistance repose sur le poisson, le riz ou le mil de livrer des dattes ? Ce n’est pas la première exception qu’établit une preuve légale. Et la réussite appartient à Allah. [Iʿlâm al-muwaqqiʿîn 2/38] (1).
646 – Un mauvais voisin est un vice :
647 – Si la restitution est impossible, l’acheteur a droit à l’*arsh* (indemnité proportionnelle) :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « Notre shaykh a déclaré que la présence d’un voisin malfaisant constitue un défaut. Ainsi, quiconque (2) achète un bien et constate par la suite un vice – ou, selon ce qu’il dit dans Al-Intiṣâr, même s’il connaissait déjà ce vice – et n’en est pas satisfait, peut le garder. Selon le *madhhab*, il a alors droit à l’*arsh* ; selon une autre version, ce droit ne vaut que si la restitution est impossible. C’est cette seconde opinion que notre shaykh a retenue, car l’*arsh* est la contre-prestation de la partie manquante et ne s’impose donc pas nécessairement. Il ajoute que la même règle s’applique aux cas analogues, par exemple lorsqu’une transaction est morcelée. » [Al-Furūʿ 4/102 (6/237)] (3).
(1) Ce passage fait partie de la réponse aux questions réputées contraires au qiyās (raisonnement analogique), déjà évoquées aux pp. 57-58. Il figure dans al-Fatāwa (vol. 20, pp. 556-558) et contient ici de nombreuses additions.
(2) Dans l’édition 1 : « famatā », alors que l’édition 2 confirme la lecture.
(3) al-Ikhtiyārāt d’al-Bā‘lī (pp. 186-187) ; voir aussi al-Fatāwa (vol. 30, p. 161) et Jāmi‘ al-Masā’il (vol. 1, pp. 239-240).
فإن قيل: فأنتم توجبون صاع التمر في كل مكان سواء كان قوتا لهم، أو لم يكن.
قيل: هذا من مسائل النزاع، وموارد الاجتهاد، فمن الناس من يوجب ذلك، ومنهم من يوجب في كل بلد صاعًا من قوتهم، ونظير هذا: تعيينه ﷺ الأصناف الخمسة في زكاة الفطر، وأن كل بلد يخرجون من قوتهم مقدار الصاع، وهذا أرجح وأقرب إلى قواعد الشرع، وإلا: فكيف يكلف من قوتهم السمك مثلًا، أو الأرز، أو الدخن، إلى التمر؟ وليس هذا بأول تخصيص قام الدليل عليه، وبالله التوفيق) [إعلام الموقعين ٢/ ٣٨] (١).
٦٤٦ - الجار السوء عيب:
٦٤٧ - وإن تعذر الرد فللمشتري الأرش:
- قال ابن مفلح: (قال شيخنا: والجار السوء عيب، فمن (٢) اشترى شيئا، فبان معيبا ـ وقال في «الانتصار»: أو عالما عيبه ـ ولم يرض= أمسكه. والمذهب: له أرشه، وعنه: إن تعذر رده. اختاره شيخنا؛ لأنه معاوضة عن الجزء الفائت، فلا يلزم، قال: وكذا يقال في نظائره، كالصفقة إذا تفرقت) [الفروع ٤/ ١٠٢ (٦/ ٢٣٧)] (٣).
(١) هذا النص ضمن الجواب عن المسائل التي قيل فيها إنها على خلاف القياس، وقد سبقت الإشارة إليه (ص: ٥٧ - ٥٨)، وهو في «الفتاوى» (٢٠/ ٥٥٦ - ٥٥٨) وما هنا فيه إضافات كثيرة.
(٢) في ط ١: (فمتى)، والمثبت من ط ٢.
(٣) «الاختيارات» للبعلي (١٨٦ - ١٨٧)، وانظر: «الفتاوى» (٣٠/ ١٦١)، «جامع المسائل» (١/ ٢٣٩ - ٢٤٠).