est bien connu et notoire des spécialistes de la langue arabe, comme des juristes et des traditionnistes. Dès lors, le terme « ṭahûr » désigne ce par quoi l’on se purifie.
C’est ainsi que le Très-Haut dit dans un verset : « Nous avons fait descendre du ciel une eau purificatrice » (Al-Furqân, 48), et dans un autre : « Il a fait descendre sur vous, du ciel, une eau afin de vous purifier par elle » (Al-Anfâl, 11).
Quant au mot « ṭâhir », il s’agit d’un pur adjectif, fixe, qui n’indique absolument pas le moyen de la purification.
La différence entre ṭâhir et ṭahûr se situe donc au niveau de la valeur sémantique et juridique : le premier est intransitif, le second transitif quant au jugement, et non au niveau de la classification grammaticale. Une fois cette précision établie, la difficulté disparaît et l’on comprend la pertinence de ceux qui distinguent ṭâhir de ṭahûr sous cet angle ; contrairement, d’une part, aux disciples d’Abû Ḥanîfa qui les confondent, et, d’autre part, à certains compagnons de Mâlik, d’al-Shâfiʿî et d’Aḥmad — qu’Allah leur fasse miséricorde — qui les séparent selon un critère étranger aux normes de la langue arabe. Allah est plus savant. [Tanquîḥ al-Taḥqîq, 1/14-15]
Ibn Mufliḥ ajoute : « Notre shaykh a dit : L’examen précis montre que ṭahûr n’est pas un dérivé déplacé de ṭâhir qui partagerait avec lui, selon la terminologie des grammairiens, l’intransitivité ou la transitivité, à l’instar de ḍârib/ḍarûb. Il fait plutôt partie des noms d’instrument par lesquels on effectue l’action, tels wajûr, fuṭûr, saḥûr et assimilés. En outre, ils emploient la forme vocalisée avec la ḍamma pour désigner le masdar même du verbe (1). Quant à ṭâhir, c’est un adjectif pur, permanent, qui n’indique nullement ce avec quoi on se purifie. » [Al-Furūʿ, 1/73 (1/57)] (2).
(1) Dans la 2ᵉ édition : pour le nom verbal (masdar), la même forme que le verbe.
(2) al-Ikhtiyarat de al-Baali, t. 5-7 ; voir aussi Mukhtasar al-Fatawa al-Misriyyah (nᵒ 14), Sharh al-Umda, vol. 1, p. 60. Et voir infra p. 71.
معروف مشهورٌ عند أهل العلم بالعربية وغيرهم من الفقهاء والمحدِّثين، وإذا كان كذلك فالطَّهُور: اسم لما يتطهَّر به.
وكذا قال تعالى في إحدى الآيتين: ﴿وَأَنْزَلْنَا مِنَ السَّمَاءِ مَاءً طَهُورًا﴾ [الفرقان: ٤٨]، وفي الأخرى: ﴿وَيُنَزِّلُ عَلَيْكُمْ مِنَ السَّمَاءِ مَاءً لِيُطَهِّرَكُمْ بِهِ﴾ [الأنفال: ١١].
وأما اسم طاهر: فإنه صفةٌ محضةٌ لازمةٌ، لا يدل على ما يتطهر به أصلًا.
فصار الفرق بين الطَّاهر والطَّهور من جهة اللزوم والتَّعدية المعنويَّة الحكميَّة الفقهيَّة، لا من جهة اللزوم والتَّعدية النحوية، وبهذا التحرير يزول الإشكال ويظهر قول من فرَّق بين طاهر وطَهور من هذه الجهة، لا كمن سوَّى بينهما من أصحاب أبي حنيفة، ولا كمن فرَّق بينهما بفرق غير جارٍ على مقاييس كلام العرب من أصحاب مالكٍ والشافعيِّ وأحمد ــ (رضي الله عنهم) ــ، والله أعلم) [تنقيح التحقيق: ١/ ١٤ ــ ١٥].
- وقال ابن مفلح: (قال شيخنا: التحقيق أنه ليس معدولا عن طاهر حتى يشاركه في اللزوم والتعدي بحسب اصطلاح النحاة، كضارب وضروب، ولكنه من أسماء الآلات التي يفعل بها كوجور، وفطور، وسحور، ونحوه، ويقولون ذلك بالضم للمصدر من نفس الفعل (١)، فأما طاهر فصفة محضة لازمة لا تدل على ما يتطهر به) [الفروع: ١/ ٧٣ (١/ ٥٧)] (٢).
(١) في ط ٢: (للمصدر نفس الفعل).
(٢) «الاختيارات» للبعلي (٥ - ٧)، وانظر: «مختصر الفتاوى المصرية» (١٤)، «شرح العمدة» (١/ ٦٠). وانظر ما يأتي (ص ٧١).