Chapitre du droit de résiliation pour dol et pour lésion
642 – Statut de la vente lorsque le vendeur révèle le vice sans que ni lui ni l’acheteur n’en connaissent l’étendue :
– Ibn Mufliḥ dit : « Il est illicite de dissimuler un défaut, ainsi que l’ont rapporté les savants selon al-Tirmidhî ; Abû al-Khaṭṭâb, quant à lui, considère la chose seulement réprouvée. Dans « al-Tabṣira », on lit que c’est le texte même d’Aḥmad : la vente reste valable, mais une autre version rapporte d’Aḥmad qu’elle ne l’est pas. Ḥanbal affirme que la vente est rejetée, avis adopté par Abû Bakr. Il en va de même lorsque le vendeur mentionne le vice sans que l’une ou l’autre partie n’en mesure l’importance, ainsi que l’a souligné notre shaykh, lequel ajoute qu’il est permis de le sanctionner en détruisant le bien et en en faisant aumône (1). Il précise qu’un groupe de nos compagnons a donné cette fatwâ. » ⦗al-Furûʿ 4/94 (6/229)⦘ (2).
643 – Établissement du droit d’option au profit de l’acheteur qui s’en remet au vendeur :
– Ibn Mufliḥ dit : « Selon l’avis le plus juste, ce droit est reconnu à l’acheteur confiant (3) qui ignore la valeur du bien lorsqu’il subit une lésion. Dans “al-Madhhab”, il est ajouté qu’il y a droit également s’il l’ignore par précipitation. Une autre version stipule qu’il revient à celui qui s’en remet au vendeur sans marchander ; c’est l’opinion retenue par notre shaykh et rapportée par “al-Madhhab”. » ⦗al-Furûʿ 4/97 (6/232)⦘ (4).
644 – Cas où le preneur trompe le bailleur ou un tiers pour louer en-deçà de la valeur :
– Ibn Mufliḥ dit : « Il est interdit de flouer un acheteur en faisant sans cesse monter les enchères afin que l’un de ses proches consente un prix plus élevé. »
(1) Dans Al-Insaf (t. 11, p. 365) : « et le donner en aumône s’il l’a acquis par tromperie. »
(2) Al-Ikhtiyarat (p. 187).
(3) Ibn Qundus, dans sa Hachiya sur Al-Furu, avertit : « le mustarsil (personne agissant sans connaître la valeur) ne distingue pas l’acheteur du vendeur », comme il le précise dans le Talkhis ; et, en ce qui concerne l’établissement du khiyar (l’option) en sa faveur, « le mustarsil ne connaît pas le prix de ce qu’il a vendu ou acheté ».
(4) Al-Fatawa (t. 28, p. 75 ; t. 29, p. 359) ; Al-Ikhtiyarat de Ba‘li (p. 185).
باب خيار التدليس والغبن
٦٤٢ - حكم البيع إذا أعلمه بالعيب ولم يعلما قدره:
- قال ابن مفلح: (ويحرم كتم العيب، ذكره الترمذي عن العلماء، وذكر أبو الخطاب: يكره، وفي «التبصرة»: هو نص أحمد، ويصح، وعنه: لا، نقل حنبل: بيعه مردود، اختاره أبو بكر، وكذا لو أعلمه به ولم يعلما قدر عيبه، ذكره شيخنا، وأنه يجوز عقابه بإتلافه والتصدق به (١)، وقال: أفتى به طائفة من أصحابنا) [الفروع ٤/ ٩٤ (٦/ ٢٢٩)] (٢).
٦٤٣ - ثبوت الخيار للمسترسل إلى البائع:
- قال ابن مفلح: (ويثبت على الأصح لمسترسل (٣) جاهل بالقيمة إذا غبن، وفي «المذهب»: أو جهلها لعجلته، وعنه: ولمسترسل إلى البائع لم يماكسه، اختاره شيخنا، وذكره المذهب) [الفروع ٤/ ٩٧ (٦/ ٢٣٢)] (٤).
٦٤٤ - إذا دلس المستأجر على مؤجر أو غيره حتى استأجره بدون القيمة:
- قال ابن مفلح: (ويحرم تغرير مشتر بأن يسومه كثيرًا ليبذل قريبه.
(١) في «الإنصاف» (١١/ ٣٦٥): (والتصدق به إذا دلسه).
(٢) «الاختيارات «(١٨٧).
(٣) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (تنبيه: المسترسل الجاهل بالقيمة لا فرق فيه بين البائع والمشتري، صرح به في «التلخيص»، قال في ثبوت الخيار له: مسترسل لا يعرف سعر ما باعه أو اشتراه) ا. هـ.
(٤) «الفتاوى» (٢٨/ ٧٥؛ ٢٩/ ٣٥٩)، «الاختيارات» للبعلي (١٨٥).