636 – Si le vendeur subordonne l’affranchissement de son esclave à la vente de celui-ci : – Ibn Mufliḥ déclare : « Lorsqu’il suspend l’affranchissement de son esclave à sa vente puis qu’il le vend, l’esclave est affranchi – c’est un texte explicite –, à l’instar du tadbîr (affranchissement différé). Dans ce cas, la propriété ne passe pas à l’acheteur. Notre shaykh resta toutefois hésitant sur la question et ajouta : par analogie, on peut dire la même chose du divorce ou de l’affranchissement subordonnés à une cause qui fait sortir l’épouse ou l’esclave du patrimoine du mari ou du maître. » ⦗Al-Furûʿ 4/92 (6/226)⦘ (1). – Il dit encore : « Ibn ʿAqîl rapporte, dans al-Fuṣûl, en dehors du présent chapitre cité, la parole de l’imâm Aḥmad dans la version relative au vendeur. On lui demanda : “Comment l’esclave serait-il affranchi alors que sa propriété a déjà été transférée ?” Il répondit : “De la même manière que l’on peut disposer d’un legs après le décès.” Ibn ʿAqîl commente : “Cela est exact, car le testament rétroagit au moment où il est formulé, c’est-à-dire alors que le disposant était encore propriétaire.” Shaykh Taqî ad-Dîn précise que l’imâm Aḥmad a affirmé cela dans les versions rapportées par al-Athram et Maṯnâ. » ⦗an-Nukat 1/278 (1/412)⦘.
(1) Voir : al-Ikhtiyārāt d’al-Ba‘lī, p. 185-186. Et al-Mardāwī écrit dans al-Inṣāf (t. 11, p. 143) : « Sur ce point, cheikh Ṭaqī al-Dīn oscille, puis adopte dans un autre passage une méthode différente. L’érudit Ibn Rajab explique dans Qawāʾiduh : “Les juristes ont divergé quant à l’interprétation du propos de l’imâm Aḥmad selon les diverses chaînes de transmission ; cheikh Ṭaqī al-Dīn a suivi une sixième voie, affirmant que si l’affranchissement conditionné (muʿallaq) vise le simple serment plutôt que la réalisation de l’affranchissement, l’expiation du serment (kaffāra) suffit, car en vendant l’esclave, on perd la propriété, ce qui équivaut à la promesse d’affranchir un autre esclave, et l’expiation est alors validée. En revanche, si l’intention est la recherche de l’approche d’Allah (taqrub), l’affranchissement devient légitime comme un vœu (nadr) : sa vente est alors invalide, et l’affranchissement reste conditionné à la forme de la vente, comme si le maître avait dit : “Si je te vends, je devrai affranchir un esclave,” ou encore à l’épouse de ses enfants : “Si je te vends, tu es libre.” ” Fin de citation d’Ibn Rajab. » Texte d’Ibn Rajab sous la règle 57 (t. 1, p. 463).
٦٣٦ - إذا علق البائع عتق عبده ببيعه: - قال ابن مفلح: (وإن علق عتق عبده ببيعه، فباعه= عتق، نص عليه، كالتدبير، ولم ينتقل الملك، وتردّد فيه شيخنا، وقال: وعلى قياس المسألة: تعليق طلاق وعتق بسبب يزيل ملكه عن الزوجة والعبد) [الفروع ٤/ ٩٢ (٦/ ٢٢٦)] (١). - وقال أيضا: (وقد ذكر ابن عقيل في «الفصول» في غير هذا الباب المنصوص، فذكر قول الإمام أحمد في رواية البائع، قيل له: كيف يعتق، وقد زال ملكه؟ فقال: كما يملك الوصية بعد الموت. قال ابن عقيل: وهذا صحيح، لأن الوصية تستند أن يلفظ بها في حال ملكه. وذكر الشيخ تقي الدين: أن الإمام أحمد نص على هذا في رواية الأثرم ومثنى) [النكت على المحرر ١/ ٢٧٨ (١/ ٤١٢)].
(١) انظر: «الاختيارات» للبعلي (١٨٥ - ١٨٦). وقال المرداوي في «الإنصاف» (١١/ ١٤٣): (وتردد فيه الشيخ تقي الدين في موضع، وله فيه طريقة أخرى تأتي، قال العلامة ابن رجب في «قواعده»: اختلف الأصحاب في تخريج كلام الإمام أحمد على طرق: ... وسلك الشيخ تقي الدين طريقا سادسا، فقال: إن كان المعلِّق للعتق قصده اليمين دون التبرر بعتقه أجزأه كفارة يمين، لأنه إذا باعه خرج عن ملكه، فبقي كنذره أن يعتق عبد غيره، فتجزئه الكفارة، وإن قصد به التقرب صار عتقه مستحقا كالنذر، فلا يصح بيعه، ويكون العتق معلًّقا على صورة البيع، كما لو قال لما لا يحل بيعه: إذا بعته فعليّ عتق رقبة، أو قال لأم ولده: إن بعتك فأنت حرة. انتهى كلام ابن رجب) ا. هـ. وكلام ابن رجب تحت القاعدة: ٥٧ (١/ ٤٦٣).