Et Aḥmad s’appuya, pour la condition d’affranchissement, sur le ḥadith rapporté par Jâbir et déclara : « Il ne s’agit que d’une seule condition, alors que l’interdiction ne porte que sur deux conditions. »
Harb rapporte, tout comme d’autres transmetteurs : « Il n’y a aucun mal à stipuler une unique condition. » Il ajoute : « Selon sa doctrine, la formule : “Je te vends [ce bien] à la condition que tu ne le revendes ni ne l’offres en don” constitue une seule condition. »
Aḥmad a d’ailleurs expliqué, dans plusieurs versions, que les « deux conditions » prohibées renvoient précisément à cet exemple et à ce qui lui ressemble, ce qui confirme la validité d’une condition unique. ⦗al-Furūʿ 4/62-63 (6/190)⦘ (1).
619 – Lorsque la condition contredit l’essence même du contrat :
– Ibn Mufliḥ déclare : « Si l’on stipule une condition contraire à ce qu’implique le contrat – Ibn ʿAqîl et d’autres l’ont évoqué dans le contrat même, de même que dans “al-Intiṣār” ; Ibn ʿAqîl, à propos du contrat vicié, se demande si la propriété est transférée ; la parole de notre maître au sujet du mariage viendra plus loin – par exemple : qu’il ne le vende pas, ne le donne pas en don, ne l’affranchisse pas ; ou que, s’il l’affranchit, le walâʾ (alliance) lui revienne ; ou qu’il ne supporte aucune perte ; ou que, s’il meurt, il le restitue ; ou qu’il exige un gage invalide, ou une option, ou un délai tous deux inconnus ; ou qu’il se réserve un avantage pour le vendeur et pour la chose vendue lorsque ceux-ci ne sont pas valides ; ou qu’il retarde sa livraison sans qu’il puisse en tirer profit ; ou qu’il conserve la cour de la maison sans droit de passage : dans tous ces cas, seul le contrat est valide. » ⦗al-Furūʿ 4/64 (6/191-192)⦘.
620 – Lorsque l’on ignore que la condition est invalide :
– Ibn Mufliḥ dit : « Renoncer, après la conclusion du contrat, à la condition viciée n’a aucun effet ; et, selon l’avis le plus sûr, l’absence de réalisation de l’objectif recherché ne change rien au jugement. Il a toutefois été dit que celui qui ignorait l’invalidité de la condition dispose du droit de résilier le contrat ou de réclamer une réduction correspondant à la diminution du prix. »
(1) Al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘li (pp. 182-183) ; voir aussi al-Qawa‘id an-Nurāniyya (pp. 292-293), al-Fatāwa (t. 29 : pp. 136-137, 168-169). Je ne sais pas si Ahmad a tiré ces passages de la suite du discours du cheikh ou d’Ibn Muflih ?
واحتج أحمد في شرط العتق بخبر جابر، وقال: إنما هذا شرط واحد، والنهي إنما هو عن شرطين.
ونقل حرب ما نقله الجماعة: لا بأس بشرط واحد، قال حرب: ومذهبه على أن قوله: «بعتك على أن لا تبيع ولا تهب» شرط واحد.
وقد فسّر أحمد الشرطين بهذين ونحوهما في رواية جماعة، فدلَّ على جواز الواحد) [الفروع ٤/ ٦٢ ــ ٦٣ (٦/ ١٩٠)] (١).
٦١٩ - إذا كان الشرط ينافي مقتضى العقد:
- قال ابن مفلح: (وإن شرط منافٍ مقتضاه ــ قال ابن عقيل وغيره: في العقد وكذا في «الانتصار» كابن عقيل في الفاسد هل ينتقل الملك؟ ويأتي كلام شيخنا في النكاح ــ نحو: أن لا يبيعه ولا يهبه ولا يعتقه، أو إن أعتقه: فالولاء له، أو لا خسارة عليه، أو إن نفق وإلا رده، أو شرط رهنا فاسدًا، أو خيارًا، أو أجلا مجهولين، أو نفع بائع ومبيع إن لم يصحا، أو تأخير تسليمه بلا انتفاع، أو فناء الدار لا بحق طريقها: صح العقد فقط) [الفروع ٤/ ٦٤ (٦/ ١٩١ - ١٩٢)].
٦٢٠ - إذا جهل فساد الشرط:
- قال ابن مفلح: (ولا أثر لإسقاط الفاسد بعد العقد، وعلى الصحة للفائت غرضه، وقيل: لجاهل فساد الشرط الفسخ، أو أرش نقص الثمن
(١) «الاختيارات» للبعلي (١٨٢ - ١٨٣)، وانظر: «القواعد النورانية» (٢٩٢ - ٢٩٣)، «الفتاوى» (٢٩/ ١٣٦ - ١٣٧، ١٦٨ - ١٦٩)، ولا أدري هل نقل نصوص أحمد من تتمة كلام الشيخ أم من ابن مفلح؟