puis il le restitue au vendeur afin que celui-ci en tire l’usufruit ; ainsi l’a rapporté notre maître, lequel ajouta : « Si l’on stipule de différer la prise de possession sans motif légitime, cela n’est pas permis. » ⦗al-Furūʿ 4/60 (6/187-188)⦘ (1).
618 – Subordination de la vente à une condition dans l’acte :
– Ibn Mufliḥ déclare : « La deuxième catégorie (2) est celle d’une clause viciée dont la stipulation est interdite, telle la vente suspendue à une condition, par exemple : “Je te vends (ce bien) si tu m’aimes pour telle somme” ou “si (3) Zayd y consent” ; dans ces deux cas, la vente n’est pas valide. D’après une autre version, le contrat demeure valable ; selon une troisième, la vente et la condition sont toutes deux valides. C’est l’avis retenu par notre maître pour tous les contrats et toutes les conditions qui ne contreviennent pas (4) à la Loi, car le terme même de vente englobe aussi bien l’acte pur et simple que l’acte conditionnel, l’énoncé explicite que l’allusif, à l’instar du vœu, qu’il soit formulé en arabe ou dans une autre langue. ʿAlî b. Saʿîd rapporte, au sujet de celui qui vend un bien en stipulant : “Si tu le revends, je serai prioritaire à le reprendre au même prix”, que la vente et les deux conditions sont licites. Ibn ʿAqîl et d’autres se sont exprimés sans restriction sur la validité de cette clause, et deux traditions existent quant à son caractère obligatoire.
Notre maître signale (5) près de vingt textes attribués à Aḥmad établissant la validité de cette condition, et (6) que les rapports charnels sont interdits en raison d’un droit de propriété incomplet.
Abû Ṭâlib l’interrogea au sujet d’un homme qui achète une esclave à la condition de la prendre pour concubine et non pour le service domestique ; il répondit : « Il n’y a aucun mal à cela. »
(1) Voir «Al-Ikhtiyarat» d’al-Baʿlī, p. 183.
(2) C’est-à-dire l’une des catégories de conditions dans la vente, la première : le ṣaḥīḥ lāzim (condition valide et impérative).
(3) Dans l’édition 1 : «ou s’il consent», l’éditeur précise qu’il l’a ajoutée d’après un manuscrit.
(4) Dans l’édition 1 : «al-latī tukhalif», c’est une erreur ; la lecture authentifiée est celle de l’édition 2.
(5) C’est-à-dire selon l’avis d’Aḥmad, comme dans «Al-Ikhtiyarat» d’al-Baʿlī et «Al-Insâf» (t. 11, p. 240).
(6) Dans l’édition 1 : «wa anahu», et cette lecture est attestée par l’édition 2.
ثم يرده إلى بائعه ليستوفي المنفعة، ذكره شيخنا، قال: وإن شرط تأخير قبضه بلا غرض صحيح لم يجز) [الفروع ٤/ ٦٠ (٦/ ١٨٧ - ١٨٨)] (١).
٦١٨ - تعليق البيع بشرط في العقد:
- قال ابن مفلح: (القسم الثاني (٢): فاسد يحرم اشتراطه، كتعليقه بشرط، نحو: بعتك إن حبيتني بكذا أو رضي (٣) زيد= فلا يصحان، وعنه: صحة عقده، وحكي عنه: صحتهما، اختاره شيخنا في كل العقود والشروط التي لم تخالف (٤) الشرع؛ لأن إطلاق الاسم يتناول المنجز والمعلق والصريح والكناية، كالنذر، وكما يتناوله بالعربية والعجمية، وقد نقل علي بن سعيد فيمن باع شيئا وشرط إن باعه فهو أحق به بالثمن= جواز البيع والشرطين، وأطلق ابن عقيل وغيره في صحة هذا الشرط، ولزومه روايتين.
قال شيخنا: عنه (٥) نحو عشرين نصا على صحة هذا الشرط، أنه (٦) يحرم الوطء لنقص الملك.
وسأله أبو طالب عمن اشترى أمة بشرط أن يتسرى بها لا للخدمة؟ قال: لا بأس به.
(١) انظر: «الاختيارات» للبعلي (١٨٣).
(٢) أي من أقسام الشروط في البيع، والقسم الأول: الصحيح اللازم.
(٣) في ط ١: (أو إن رضي)، وذكر المحقق أنه زادها من نسخة.
(٤) في ط ١: (التي تخالف)، وهو خطأ، والمثبت من ط ٢.
(٥) أي: عن أحمد، كما في «الاختيارات» للبعلي، و «الإنصاف» (١١/ ٢٤٠).
(٦) في ط ١: (وأنه)، والمثبت من ط ٢.