Chapitre des clauses (shurūṭ) insérées dans la vente 615 – Les clauses nulles dans la vente : – Ibn al-Qayyim rapporte : « ʿÂʾishah, qu’Allah l’agrée, consulta le Messager d’Allah ﷺ et lui dit : “Je souhaite acheter une esclave pour l’affranchir, mais ses propriétaires ne veulent me la vendre qu’à la condition que son *walâ’* (droit d’allégeance) demeure à leur profit.” Il répondit : “Ne t’en abstiens pas, car le *walâ’* appartient à celui qui affranchit.” Ce ḥadith figure dans le Ṣaḥîḥ… Notre maître a expliqué que le texte devait être pris dans son sens littéral : le Prophète ﷺ n’a pas ordonné à ʿÂʾishah d’exiger le *walâ’* afin de valider ou de permettre cette clause, mais pour sanctionner celui qui l’imposait, puisqu’il refusait de vendre l’esclave destinée à l’affranchissement sans stipuler ce qui contredit le jugement et la Loi d’Allah. Ainsi, il lui ordonna d’entrer sous leur condition invalide afin que se manifeste la sentence d’Allah et de Son Messager ; les clauses nulles ne modifient en rien Sa législation. Celui qui stipule ce qui contredit la religion n’a pas droit à l’exécution de sa condition, et la vente n’en est pas pour autant annulée. Quant à celui qui connaît la nullité d’une clause et la formule malgré tout, sa stipulation est écartée et demeure sans effet. » ⦗Iʿlām al-Muwaqqiʿîn 4/338-339⦘ (1). 616 – Lorsque le vendeur stipule qu’il profitera du bien vendu pendant un délai déterminé : 617 – La règle relative à la clause qui retarde la prise de possession sans motif légitime : – Ibn Mufliḥ dit : « D’après l’opinion la plus juste, il est valable que le vendeur se réserve l’usufruit du bien vendu pour une période connue, à l’exception du rapport charnel. Dans at-Taʿlîq, al-Intiṣâr, al-Mufradāt et ʿUyūn al-Masāʾil, on fonde cette position sur l’achat par ʿUthmân à Ṣuhayb d’un terrain, sous la condition qu’il en fasse un *waqf* (fondation pieuse) pour lui-même et sa descendance, qu’il le conserve en gage du prix et qu’il en tire profit. Selon l’opinion la plus répandue, toutefois, le vendeur ne peut pas en tirer profit ; d’autres estiment au contraire que l’acheteur est tenu de le lui livrer. »
(1) Voir : al-Fatâwa, vol. 29, p. 337-339.
باب الشروط في البيع ٦١٥ - الشروط الباطلة في البيع: - قال ابن القيم: (واستفتته ﷺ عائشة (عليه السلام)، فقالت: إني أردت أن أشتري جارية فأعتقها، فقال أهلها: نبيعكها على أن ولاءها لنا. فقال: «لا يمنعك ذلك، إنما الولاء لمن أعتق». والحديث في الصحيح ... وقال شيخنا: بل الحديث على ظاهره، ولم يأمرها النبي ﷺ باشتراط الولاء تصحيحا لهذا الشرط، ولا إباحة له، ولكن عقوبة لمشترطه إذ أبى أن يبيع جارية للمعتق إلا باشتراط ما يخالف حكم الله تعالى وشرعه، فأمرها أن تدخل تحت شرطهم الباطل، ليظهر به حكم الله ورسوله؛ لأن الشروط الباطلة لا تغير شرعه، وأن من شرط ما يخالف دينه لم يجز أن يوفّى له بشرطه، ولا يبطل البيع به، وأن من عرف فساد الشرط وشَرَطه ألغي اشتراطه ولم يعتبر) [إعلام الموقعين ٤/ ٣٣٨ - ٣٣٩] (١). ٦١٦ - إذا شرط البائع نفع المبيع مدة معلومة: ٦١٧ - وحكم اشتراط تأخير القبض بلا غرض صحيح: - قال ابن مفلح: (ويصح شرط البائع نفع المبيع مدة معلومة على الأصح، غير الوطء، واحتج في «التعليق» و «الانتصار» و «المفردات» و «عيون المسائل» بشراء عثمان من صهيب أرضًا، وشرط وقفها عليه وعلى عقبه، وكحبسه على ثمنه والانتفاع به، والأشهر لا ينتفع، وقيل: يلزم تسليمه
(١) انظر: «الفتاوى» (٢٩/ ٣٣٧ - ٣٣٩).