il est autorisé de formuler des offres, car l’homme qui ajoute une proposition n’est encore qu’un simple enchérisseur, et rien de plus. Tel est le juste moyen de concilier le ḥadith relatif à la vente aux enchères et celui qui proscrit de proposer un prix sur l’offre de son frère.
L’existence du khiyâr (faculté de résiliation) n’autorise donc pas, dans cette situation, à rompre la vente, en raison du préjudice que cela entraînerait. De même, il n’est pas permis de se séparer par crainte que l’acheteur ne demande la résolution du contrat, selon les deux versions rapportées de lui (1), même si, en principe, chacun est libre de quitter la séance, sauf (2) s’il nourrit précisément cette intention.
Et si l’on disait : « Dans les ventes aux enchères, aucune des deux parties n’a le droit de rompre, vu le tort subi par l’autre », cela serait pertinent ; car, s’il n’avait pas accepté, le vendeur aurait pu céder le bien à l’enchérisseur précédent, tandis que s’il accepte puis se rétracte, il aura trompé le vendeur. On peut même soutenir, à l’instar de Mâlik, que dans la vente aux enchères, dès qu’un des deux ajoute un surcroît de prix, il y est tenu, alors que l’acheteur ordinaire n’y est pas contraint. En effet, par sa surenchère, il a fait perdre l’occasion au premier demandeur. Ne vois-tu pas que, dans la najsh (surenchère fallacieuse), celui qui ajoute un prix trompe l’acheteur ? Il en va de même ici : en surenchérissant, il trompe le vendeur.
La différence entre la négociation de gré à gré, qui prédominait à l’époque du Messager d’Allah ﷺ, et la vente aux enchères est manifeste. Il est donc recevable d’exclure quelques cas particuliers d’une règle générale lorsqu’une considération permanente, attestée par les preuves légales, l’exige.
Le Prophète ﷺ a interdit divers types de contrats en raison du tort qu’ils causent à autrui ; par analogie, il convient d’interdire les résiliations qui portent préjudice à autrui. Fin de citation. ⦗Al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 1/282-283 (1/417-418)⦘.