603 – La vente de la soie, de l’or et du vin aux mécréants – Ibn Mufliḥ rapporte : « Shaykh Taqî al-Dîn a dit : Le ḥadith rapporté d’‘Umar (qu’Allah l’agrée) au sujet de la vente de soie aux mécréants implique qu’elle est permise, contrairement à la vente du vin, car la soie n’est pas interdite de façon absolue. Par analogie, il en va de même de la vente d’ustensiles en or ou en argent à leur intention. Puisqu’il est licite de les leur vendre, il est également licite d’en fabriquer pour les leur vendre, et de les leur confectionner contre rétribution. » Fin de citation. Ibn Mufliḥ précise qu’il a mentionné ce passage au début du chapitre « Ce qu’il est permis de vendre » dans son Taʿlîq ʿalâ al-Muḥarrar. ⦗Al-Âdâb al-sharʿiyya 3/379⦘ 604 – Lorsqu’une personne vend par-dessus la vente de son frère ou achète par-dessus son achat – Ibn Mufliḥ dit : « Selon sa parole (1) : “S’ils le font, la validité de la seconde vente fait l’objet de deux avis.” » Ibn al-Jawzî affirme : la vente est nulle selon l’opinion apparente de l’école, position privilégiée par Shaykh Muwaffaq al-Dîn et d’autres, au vu de l’interdiction explicite. Al-Mustawʿab la rapporte également d’Abû Bakr. Al-Qâḍî et Abû al-Khaṭṭâb, quant à eux, estiment qu’elle est valable : l’acte interdit précède la conclusion du contrat ; en outre, la résiliation qui cause un préjudice est jugée valable, a fortiori une vente qui réalise un avantage. De plus, cette défense relève d’un droit privé, ce qui la rapproche de la vente entachée de *najsh* (sur­en­chère fallacieuse). Al-Hidâya et al-Khulâṣa constatent expressément cette divergence. Dans al-Riʿâya il est dit : concernant la validité du second contrat, deux versions sont rapportées, la plus fameuse le tenant pour nul. Shaykh Taqî al-Dîn déclare : cet avis englobe également le cas où l’un des deux contractants serait mandataire (*wakîl*) ou tuteur (*walî*) d’un orphelin ou d’une autre personne, et la vente aux enchères (*bayʿ al-mazâyada*) demeure permise pendant la période où
(1) C’est-à-dire : l’auteur du Muharrir.
٦٠٣ - بيع الحرير والذهب والخمر للكفار: - قال ابن مفلح: (قال الشيخ تقي الدين: بيع الحرير للكفار حديث عمر (رضي الله عنه) يقتضي جوازه بخلاف بيع الخمر، فإن الحرير ليس حراما على الإطلاق، وعلى قياسه بيع آنية الذهب والفضة لهم، وإذا جاز بيعها لهم جاز صنعتها لبيعها منهم، وجاز عملها لهم بالأجرة. انتهى كلامه، ذكره في أول باب ما يجوز بيعه من «تعليقه على المحرر») [الآداب الشرعية ٣/ ٣٧٩]. ٦٠٤ - إذا باع على بيع أخيه أو اشترى على شرائه: - قال ابن مفلح: (قوله (١): «فإن فعلا ذلك، فهل يصح البيع الثاني؟ على وجهين». وقال ابن الجوزي: فالبيع باطل في ظاهر المذهب. وقدمه الشيخ موفق الدين وغيره، لظاهر النهي، وحكاه في «المستوعب» عن أبي بكر، وحكى عن القاضي وأبي الخطاب: أنه يصح، لأن المحرم سابق على عقد البيع، ولأن الفسخ الذي حصل به الضرر صحيح، فالبيع المحصل للمصلحة أولى، ولأن النهي لحق آدمي فأشبه بيع النجش. وقطع بالخلاف في «الهداية» و «الخلاصة». وقال في «الرعاية»: وفي صحة العقد الثاني روايتان، أشهرهما بطلانه. قال الشيخ تقي الدين: وهذا القول يعمُّ ما إذا كان أحد المتبايعين وكيلًا، أو وليًا ليتيم أو غيره، ويكون بيع المزايدة جائزًا في الوقت الذي
(١) أي: صاحب «المحرر».