Il ajouta encore, au sujet de chrétiens ayant constitué un domaine en waqf (bien pieux) pour leur église : « Un musulman ne doit pas leur en prendre la location, car il les aiderait ainsi dans ce qu’ils font. » Et de préciser : « Tel est également l’avis d’al-Shâfiʿî. »
Le Qâḍî a donc formellement interdit d’en concéder la jouissance à quiconque sait qu’on y vendra du vin, s’appuyant pour cela sur la parole d’Aḥmad selon laquelle il n’est pas permis de la vendre à un mécréant ni d’acheter un waqf d’église. Il en déduit que, dans ces deux cas, l’interdiction est une véritable prohibition.
Il a encore dit : « Le Qâḍî, au cours de la discussion, a posé la question suivante : “Ne rapporte-t-on pas qu’Aḥmad a permis de la louer à des gens de la dhimma, tout en sachant pertinemment qu’ils s’y livreront à ces actes ?” »
On répondit : « Ce qui est transmis d’Aḥmad, c’est qu’il rapporta la parole d’Ibn ʿAwn et s’en montra étonné. »
Cela implique donc que, pour le Qâḍî, il n’est pas permis de la louer à un dhimmî, alors que le sens apparent des récits rapportés par al-Athram et Ibrâhîm ibn al-Ḥârith laisse entendre le contraire : le fait qu’Aḥmad ait apprécié l’acte prouve qu’il le tient pour licite, et le fait qu’il se soit contenté de répondre en citant le geste d’un homme suggère que telle est, selon l’une de ses deux opinions, sa propre position juridique.
La différence entre vente et location tient à ce que, dans la location, la corruption liée à l’aide apportée est contrebalancée par un autre intérêt : le produit du loyer échoit au musulman, tandis que la charge en incombe aux mécréants. Cela s’apparente au maintien du paiement de la *jizya* (capitation) : bien qu’il s’agisse d’un maintien d’un non-musulman, l’avantage qu’il recèle le rend permis. C’est aussi pourquoi l’on peut conclure, de manière générale, des trêves avec les mécréants. Dans la vente, en revanche, cet intérêt est absent ; il en résulte donc quatre opinions dans la question.
Tout cela a été exposé par Shaykh Taqî al-Dîn. [Al-Âdâb al-sharʿiyya, 3/256-257] (1).
(1) Iqtida al-Sirat al-Mustaqim (L’exigence du chemin droit), vol. 2, pp. 24-31 ; voir al-Ikhtiyarat (Les Choix) d’al-Baʿlī, pp. 227-228.
وقال أيضا في نصارى وقفوا ضيعة لهم للبيعة: لا يستأجرها الرجل المسلم منهم يعينهم على ما هم فيه، قال: وبهذا قال الشافعي.
فقد حرم القاضي إجارتها لمن يعلم أنه يبيع فيها الخمر، مستشهدًا على ذلك بنص أحمد على أنه لا يبيعها لكافر، ولا يشتري وقف الكنيسة، وذلك يقتضي أن المنع عنده في هاتين الصورتين منع تحريم.
قال: قال القاضي في أثناء المسألة: فإن قيل: أليس قد أجاز أحمد إجارتها من أهل الذمة مع علمهم بأنهم يفعلون ذلك فيها؟
قيل: المنقول عن أحمد أنه حكى قول ابن عون وعجب منه.
وهذا يقتضي أن القاضي لا يجوز إجارتها من ذمي، وظاهر رواية الأثرم وإبراهيم بن الحارث جواز ذلك، فإن إعجابه بالفعل دليل جوازه عنده، واقتصاره على الجواب بفعل رجل يقتضي أنه مذهبه في أحد الوجهين.
والفرق بين البيع والإجارة أن ما في الإجارة من مفسدة الإعانة قد عارضه مصلحة أخرى، وهو مصرف إرعاب المطالبة بالكراء عن المسلم وأنزل ذلك بالكفار، وصار ذلك بمنزلة إقرارهم بالجزية، فإنه وإن كان إقرارًا لكافر لكن لما تضمنه من المصلحة جاز، ولذلك جازت مهادنة الكفار في الجملة، فأما البيع فهذه المصلحة منتفية فيه، فيصير في المسألة أربعة أقوال. ذكر هذا كله الشيخ تقي الدين) [الآداب الشرعية ٣/ ٢٥٦ ــ ٢٥٧] (١).
(١) «اقتضاء الصراط المستقيم» (٢/ ٢٤ - ٣١)، وانظر: «الاختيارات» للبعلي (٢٢٧ - ٢٢٨).