il acquiert le droit au loyer ; cette clause restrictive est donc, à ses yeux, dénuée d’effet : elle équivaut à un bail non conditionné, et celui-ci, pour lui, demeure licite même lorsqu’il est quasi certain que le locataire s’en servira pour désobéir à Allah, tout comme il est permis, dit-il, de vendre du jus de raisin à qui compte en faire du vin. Par ailleurs, Abû Ḥanîfa a réprouvé la vente d’armes durant les troubles civils, expliquant : « car l’arme est fabriquée pour le combat et ne convient à aucun autre usage. » La majorité des juristes l’ont contesté sur le premier point : pour eux, un contrat assorti d’une condition n’a pas la même portée qu’un contrat absolu. L’usufruit précisément visé par le contrat est ce qui devient exigible en contrepartie du prix ; or cet usufruit est illicite, même si le locataire est autorisé à déléguer quelqu’un d’équivalent pour l’exécuter (1). Ils l’ont également mis en face de l’hypothèse suivante : si quelqu’un loue une maison afin d’en faire une mosquée, le bailleur n’est pas tenu de réaliser l’acte convenu ; pourtant Abû Ḥanîfa a invalidé ce bail au motif qu’il implique l’accomplissement de la prière, acte qui ne saurait être l’objet d’un contrat de location. Nos condisciples ḥanbalites, rejoints par de nombreux autres juristes, l’ont en outre contesté sur le second point : lorsque l’on a la quasi-certitude que le preneur usera du bien dans un but interdit, la location devient illicite. En effet, le Prophète ﷺ a maudit celui qui presse le raisin et celui pour qui on le presse ; or le pressoir ne produit que du jus de raisin, mais dès lors qu’il voit que le commanditaire veut en faire du vin — ou même simplement le transformer en moût (2) — il mérite cette malédiction. Ce principe est établi dans d’autres domaines également. Cependant, les péchés du dhimmî se répartissent en deux catégories : 1. Ceux que le pacte de dhimma implique qu’on le laisse commettre. 2. Ceux dont le même pacte impose qu’on l’empêche, ou qu’on l’empêche d’en faire publiquement étalage.
(1) Dans al-Iqtida : « que l’on établisse quelque chose d’autre à sa place ». (2) Dans al-Iqtida : « vin et son pressurage ».
استحق الأجرة، فهذا التقييد عنده لغو، فهو بمنزلة الإجارة المطلقة، والمطلقة عنده جائزة، وإن غلب على ظنه أن المستأجر يعصي فيها، كما يجوز بيع العصير لمن يتخذه خمرا، ثم إنه كره بيع السلاح في الفتنة، قال: لأن السلاح معمول للقتال لا يصلح لغيره. وعامة الفقهاء خالفوه في المقدمة الأولى، وقالوا: ليس المقيد كالمطلق، بل المنفعة المعقود عليها هي المستحقة، فتكون هي المقابلة بالعوض، وهي منفعة محرمة، وإن جاز للمستأجر أن يقيم مثله مقامه (١)، وألزموه ما لو اكترى دارا ليتخذها مسجدا، فإنه لا يستحق عليه فعل المعقود عليه، ومع هذا فإنه أبطل هذه الإجارة بناء على أنها اقتضت فعل الصلاة، وهي لا تستحق بعقد إجارة. ونازعه أصحابنا وكثير من الفقهاء في المقدمة الثانية، وقالوا: إذا غلب على ظنه أن المستأجر ينتفع بها في محرم حرمت الإجارة له، لأن النبي ﷺ لعن عاصر الخمر ومعتصرها، والعاصر إنما يعصر عصيرا، لكن إذا رأى أن المعتصر يريد أن يتخذه خمرا أو عصيرا (٢) استحق اللعنة، وهذا أصل مقرر في غير هذا الموضع. لكن معاصي الذمي قسمان: أحدهما: ما اقتضى عقد الذمة إقراره عليها. والثاني: ما اقتضى عقد الذمة منعه منها أو من إظهارها.
(١) في «الاقتضاء»: (أن يقيم غيرها مقامها). (٢) في «الاقتضاء»: (خمرا وعصره).