pas annulé la vente. De même, Abū l-Ḥasan al-Āmidī s’est contenté de la qualifier de répréhensible, sans aller au-delà.
Quant à al-Khallāl, à son condisciple et au qāḍī, le sens de leurs propos implique l’interdiction de cette transaction, et le qāḍī l’a exprimée explicitement en disant : « Il n’est pas permis de louer sa demeure à quiconque la transformera en église, en temple du feu ou en lieu de vente de vin, qu’il ait ou non stipulé cette vente, dès lors que l’on sait qu’il y vendra de l’alcool. » Aḥmad, dans la version rapportée par Abū l-Ḥārith, a également déclaré : « Je ne pense pas qu’il convienne de vendre sa maison à un mécréant qui, en ce lieu, reniera Allah… » (1).
Le qāḍī poursuit : Aḥmad a aussi dit, au sujet de chrétiens ayant fait d’une propriété un waqf au profit de leur église : « Un musulman ne doit pas la leur louer, car il les aiderait ainsi dans leur entreprise. » Et al-Shāfiʿī a tenu la même position.
Le qāḍī ajoute encore : « Si l’on objecte : Aḥmad n’a-t-il pas autorisé la location à des dhimmîs tout en sachant ce qu’ils y feraient ? – Nous répondons que l’on rapporte seulement qu’il a cité la parole d’Ibn ʿAwn et s’en est étonné. » Le qāḍī mentionne également la version d’al-Athram, d’où il ressort qu’il n’admet pas, pour sa part, la location à un dhimmî. Abū Bakr, lui, affirme : « S’il autorise la vente, il autorise la location ; s’il l’interdit, il l’interdit pareillement. »
Notre shaykh conclut : Les propos d’Aḥmad peuvent recevoir les deux lectures. Sa phrase, dans la narration d’Abū l-Ḥārith : « La vendre à un musulman m’est préférable », laisse entendre une simple réprobation (tanzîh) ; tandis que la gravité qu’il manifeste dans la narration d’al-Marwazī, ainsi que sa formule : « Qu’elle ne soit pas vendue à un mécréant » et la fermeté de son ton, suggèrent une interdiction catégorique (taḥrîm). Pour la location, les auteurs l’ont mise sur le même pied que la vente. Ce qu’il rapporte d’Ibn ʿAwn n’est pas l’opinion d’Aḥmad ; son admiration ne visait que la pure intention et le bon dessein d’Ibn ʿAwn. On pourrait toutefois soutenir qu’au sens apparent, la narration montre qu’il l’a effectivement permise, car
(1) Autrement dit : Ahmad, dont le nom a déjà été cité en entier ci-dessus.
يبطل البيع، وكذلك أبو الحسن الآمدي أطلق الكراهة مقتصرا عليها.
أما الخلال وصاحبه والقاضي فمقتضى كلامهم تحريم ذلك، وصرح به القاضي فقال: لا يجوز أن يؤاجر داره أو بيته ممن يتخذه كنيسة أو بيت نار، أو يبيع فيه الخمر، سواء شرط أنه يبيع فيه الخمر أم لم يشرط لكنه يعلم أنه يبيع فيه الخمر، وقد قال أحمد في رواية أبي الحارث: لا أرى أن يبيع داره من كافر يكفر فيها بالله .. إلى آخر كلامه (١).
قال القاضي: وقال أحمد أيضا في نصارى وقفوا ضيعة لهم للبيعة: لا يستأجرها الرجل المسلم منهم، يعينهم على ما هم فيه. قال: وبهذا قال الشافعي.
ثم قال القاضي: فإن قيل: أليس قد أجاز أحمد إجارتها من أهل الذمة مع علمه بأنهم يفعلون فيها ذلك؟ قيل: المنقول عن أحمد أنه حكى قول ابن عون، وعجب منه. وذكر القاضي رواية الأثرم، وهذا يقتضي أن القاضي لا يُجوّز إجارتها من ذمي، وقد قال أبو بكر: إذا أجاز البيع أجاز الإجارة، وإذا منع منع.
قال شيخنا: وكلام أحمد يحتمل الأمرين، فإن قوله في رواية أبي الحارث: يبيعها من مسلم أحب إلي= يقتضي أنه منع تنزيه، واستعظامه لذلك في رواية المروذي، وقوله: لا يباع من الكافر، وتشديده في ذلك= يقتضي التحريم، وأما الإجارة فقد سوى الأصحاب بينها وبين البيع، وما حكاه عن ابن عون فليس بقول أحمد، وإعجابه بفعله إنما هو لحسن مقصد ابن عون ونيته الصالحة، ويمكن أن يقال: ظاهر الرواية أنه أجاز ذلك، فإن
(١) أي: أحمد، وقد سبق بتمامه.