Al-Ashajj rapporte : « J’ai entendu Abū Khālid al-Aḥmar dire : “Ce Ḥafṣ, al-ʿAdā (1) lui-même, a vendu la maison de Ḥuṣayn ibn ʿAbd al-Raḥmān – le dévot de Kūfa – à ʿAwn al-Baṣrī !” »
Aḥmad lui demanda alors : « Ḥafṣ ? » – « Oui », répondit-il. Aḥmad s’étonna du comportement de Ḥafṣ ibn Ghiyāth. Al-Khallāl conclut : « Cela corrobore encore la position d’Abū ʿAbd Allāh. »
Notre shaykh précise : « Quant à ce ʿAwn, il relevait (2) soit des gens de l’innovation, soit des pervers notoires par leurs actes. Abū Khālid al-Aḥmar a donc blâmé Ḥafṣ ibn Ghiyāth, le juge de Kūfa, pour avoir cédé la demeure d’un homme pieux à un innovateur, et Aḥmad s’est étonné de l’attitude du juge. »
Al-Khallāl poursuit : « Si l’on réprouve de la vendre à un pécheur, on la réprouve tout autant de la vendre à un mécréant ; certes, le dhimmî est toléré alors que le pécheur ne l’est pas, mais ce que commet le mécréant dans cette maison est plus grave encore. »
Le qāḍī rapporte en substance la même chose d’Abū Bakr ʿAbd al-ʿAzīz. Il cite, dans la version d’Abū l-Ḥārith, la parole d’Aḥmad : « Je ne pense pas qu’il convienne de vendre sa maison à un mécréant qui y reniera Allah ; il m’est préférable qu’il la vende à un musulman. » Abū Bakr déclara alors : « À ses yeux, il n’y a pas de différence entre la location et la vente ; s’il autorise la vente, il autorise la location, et s’il l’interdit, il interdit également la location. » Le qāḍī et ses condisciples abondèrent dans ce sens.
Notre shaykh résume : « Concernant la vente de sa maison à un mécréant, nous avons rapporté qu’Aḥmad l’a interdite ; ses disciples ont ensuite divergé pour savoir s’il s’agit d’une simple désapprobation (tanzîh) ou d’une interdiction catégorique (taḥrîm). »
Al-Sharīf Abū ʿAlī ibn Abī Mūsā dit : « Aḥmad a estimé blâmable qu’un musulman vende sa demeure à un dhimmî qui, dans cette maison, reniera Allah Très-Haut et s’autorisera les interdits ; s’il le fait, il a mal agi et n’a… »