Il en découle, pour ce cas et pour tout ce qui lui ressemble, que l’échange est licite en situation de nécessité, à l’image du récit déjà cité concernant la rémunération pour l’enseignement ; on doit donc distinguer, s’agissant des biens corporels, entre celui qui est dans le besoin et celui qui ne l’est pas, de la même manière que l’on a différencié pour les utilités.
Quant à ce qu’il n’est pas permis de vendre, il ne devrait pas non plus être permis d’en faire un don dans l’espoir d’une rétribution spirituelle, en raison du ḥadith relatif au geste de courtoisie avec le vin. De même, il ne convient pas d’accepter de racheter un être humain, un muṣḥaf ou autre, au moyen d’un tel bien illicite ; par exemple en donnant à un mécréant du vin, une bête morte ou une graisse impure afin qu’il nous remette en échange un musulman ou un muṣḥaf. Fin de citation) ⦗al-Nukat ʿala l-Muḥarrar 1/287⦘ (1).
601 – La vente d’un bien destiné à un usage illicite :
– Ibn Mufliḥ a dit : « La vente est invalide lorsqu’elle vise un acte interdit, tel que le moût vendu à celui qui, de façon certaine, en fera du vin. Les maîtres rapportent que cela s’applique lorsqu’il en a la connaissance ; selon un autre avis, même lorsqu’il ne fait que l’en soupçonner, et c’est l’opinion retenue par notre shaykh. » ⦗al-Furūʿ 4/42 (6/169)⦘ (2).
602 – Vendre une demeure à un mécréant, à un pécheur notoire ou à un novateur :
– Ibn al-Qayyim rapporte : « … Il (3) a dit : Aḥmad ibn al-Ḥusayn ibn Ḥassān m’a informé que l’on interrogea Abū ʿAbd Allāh au sujet de Ḥuṣayn ibn ʿAbd al-Raḥmān ; il répondit : “Ḥafṣ rapporte de lui ; je ne le connais pas.” Abū Bakr (4) lui dit alors : “C’est l’un des ascètes ; Abū Saʿīd m’a rapporté…” »
(1) Voir : al-Fatawa, vol. 31, p. 212-213.
(2) al-Ikhtiyarat de al-Ba‘li, p. 180.
(3) C’est-à-dire al-Khallal.
(4) Sheikh Subhi al-Salih, éditeur d’Ahkam Ahl al-Dhimma, commente : « c’est-à-dire Abu Bakr ‘Abd al-Aziz, connu sous le nom de Ghulam al-Khallal, ce que confirme le contexte. Cependant, Ghulam al-Khallal n’a pas rencontré Ahmad. »
ويتوجه في هذا وأمثاله: أنه يجوز للحاجة كالرواية المذكورة في التعليم، فينبغي أن يفرق في الأعيان بين المحتاج وغيره، كما فرق في المنافع.
وما لم يجز بيعه فينبغي أن لا يجوز أن يوهب هبة يبتغى بها الثواب، لحديث المكارمة بالخمر، وكذلك ينبغي أن لا يجوز استنقاذ آدمي أو مصحف ونحو ذلك بها، مثل أن نعطي لكافر خمرًا، أو ميتة، أو دهنًا نجسًا، ليعطينا مسلمًا بدله، أو مصحفًا، انتهى كلامه) [النكت على المحرر ١/ ٢٨٧] (١).
٦٠١ - بيع ما قصد به الحرام:
- قال ابن مفلح: (ولا يصحُّ بيعُ ما قصد به الحرام، كعصير لمتخذه خمرًا قطعًا، نقل الجماعة: إذا علم، وقيل: أو ظنًّا، واختاره شيخنا) [الفروع ٤/ ٤٢ (٦/ ١٦٩)] (٢).
٦٠٢ - بيع الدار على الكافر والفاسق والمبتدع:
- قال ابن القيم: ( ... قال (٣): وقد أخبرني أحمد بن الحسين بن حسان قال: سئل أبو عبد الله عن حصين بن عبد الرحمن، فقال: روى عنه حفص، لا أعرفه. قال له أبو بكر (٤): هذا من النساك، حدثني أبو سعيد
(١) انظر: «الفتاوى» (٣١/ ٢١٢ - ٢١٣).
(٢) «الاختيارات» للبعلي (١٨٠).
(٣) أي: الخلال.
(٤) قال الشيخ صبحي الصالح محقق «أحكام أهل الذمة»: (أي: أبو بكر عبد العزيز المعروف بغلام الخلال، والسياق يؤكده) ا. هـ ولكن غلام الخلال لم يدرك أحمد!