en effet, on se réfère à la coutume quant au montant du prix, tout comme pour la description de la marchandise (1).
Troisièmement : si les deux parties, ou l’une d’elles, ignorent le prix et qu’elles concluent la vente « au siʿr », que ce soit verbalement ou par l’usage, les propos de l’imâm Aḥmad laissent entendre deux versions. L’argument en faveur de la validité est l’analogie avec la qîmat al-mithl (prix usuel) en matière de location, lorsque l’on entre au bain public ou que l’on fait raccourcir un vêtement. Et si l’on juge malgré tout que la vente est nulle et que la chose a péri, il ne sera dû que sa valeur, puisqu’ils s’étaient accordés sur ce principe. On trouve un parallèle dans les formules : « Affranchis ton esclave pour moi et je t’en paierai le prix », ou : « Jette ta marchandise à la mer, le prix étant à ma charge. » Fin de sa citation.
Il ajoute — après avoir rapporté les récits précédents — qu’on peut soutenir qu’il existe ici deux versions : il l’a permise, là-bas, au regard du siʿr, comme on l’a vu, et il l’a interdite ici. Autre explication : dans le premier cas, le prix était connu et fixé pour le vendeur, alors qu’ici il ne l’est pas, puisqu’il ignore encore à quel tarif il va vendre. Une vente au siʿr déjà établi et connu du vendeur s’apparente donc à la vente pour le prix auquel il l’a acquise dans la tawliya (vente au prix coûtant) ou dans la murabaḥa (vente avec marge déclarée), ainsi qu’au droit de shufʿa, où le préempteur rachète la part litigieuse pour le prix auquel elle a été achetée, avant même de connaître le montant exact.
Il a affirmé ailleurs que cette explication est la plus claire. Il a dit : « Toute personne que la Loi oblige à vendre n’est tenue de le faire qu’au prix usuel (thaman al-mithl). C’est ainsi qu’a statué le Messager d’Allah ﷺ, par exemple lorsque quelqu’un affranchit sa part dans un esclave. »
Il poursuit : « Nous ne sommes pas ici dans le registre de la garantie d’une perte au moyen d’une compensation, comme l’ont pensé certains de nos collègues et d’autres, mais bien dans celui de la vente au prix usuel, car la part du copropriétaire entre… »
(1) Ce passage est rapporté par Ibn Qundus dans sa Ḥâshiya ‘alâ al-Furû’ (VI, 155) à partir du Sharḥ al-Muḥarrer de Shaykh al-Islâm, et il ajoute ici : « En effet, si l’on vend en numéraire sans préciser la nature de la monnaie, on se réfère à la coutume — c’est-à-dire à la monnaie locale s’il n’y en a qu’une, ou à la monnaie la plus fréquente s’il en existe plusieurs. Il en va de même lorsqu’on vend sans fixer le montant du prix : la vente est valable, et pour en déterminer la valeur on se réfère à la coutume, c’est-à-dire au prix usuel. »
في قدر الثمن كالرجوع في وصفه (١).
الثالثة: أن يتبايعا بالسعر لفظا أو عرفا، وهما أو أحدهما لا يعلم، فكلام الإمام أحمد يقتضي روايتين، ووجه الصحة: إلحاق ذلك بقيمة المثل في الإجارة إذا دخل الحمّام أو قصر الثوب، ثم إن قيل: البيع فاسد، وكانت العين تالفة، فالواجب أن لا يضمن إلا بالقيمة، لأنهما تراضيا بذلك، ونظيره: أعتق عبدك عني وعليّ ثمنه، أو: ألق متاعك في البحر وعليّ ثمنه. انتهى كلامه.
وقال أيضا ــ بعد أن حكى ما تقدم من الروايات ــ: قد يقال في المسألة روايتان، لأنه جوّزه هناك بالسعر كما تقدم، ومنعه هنا، وقد يقال هناك: كان السعر معلوما للبائع مستقرا، وهنا لم يكن السعر معلوما للبائع، لأنه لم يدر بعد ما يبيع به، فصار البيع بالسعر المستقر الذي يعلمه البائع كالبيع بالثمن الذي اشتراه في بيع التولية والمرابحة، وأخذ الشفيع الشقص المشفوع بالثمن الذي اشترى به قبل علمه بقدر الثمن.
وذكر في موضع آخر: أن هذا أظهر، قال: كل من ألزمه الشارع بالبيع فإنما يلزمه البيع بثمن المثل، وبذلك حكم رسول الله ﷺ ، كمن أعتق شركا له في عبد.
قال: وليس هذا من باب ضمن التلف بالبدل، كما توهم ذلك طائفة من أصحابنا وغيرهم، بل هو من باب البيع بقيمة المثل، لأن نصيب الشريك يدخل
(١) هذا النص نقله ابن قندس في «حاشيته على الفروع» (٦/ ١٥٥) من «شرح المحرر» لشيخ الإسلام، وزاد هنا: (فإنه إذا باع بنقد ولم يذكر وصفه يرجع فيه إلى العرف، وهو نقد البلد إن كان واحدا، أو إلى الغالب إن كان فيه نقود، فكذلك إذا باع من غير تعيين قدر الثمن، يصح ويرجع في قدره إلى العرف، وهو ثمن المثل).