l’opinion la plus manifeste. Plus explicite encore est la déclaration qu’il rapporte, dans la question de la *muʿâṭâh* (échange tacite), d’après Muthannā ibn Jāmiʿ, de la part de l’imâm Aḥmad : un homme envoie quelqu’un auprès d’un de ses fournisseurs pour qu’il lui fasse parvenir un vêtement ; il passe le prendre, interroge le vendeur sur le prix du vêtement, celui-ci le lui indique, puis il lui dit : « Inscris-le. » — De même, un homme prend des dattes sans en fixer immédiatement le prix, puis il repasse auprès du propriétaire des dattes et lui dit : « Écris-en le prix. » L’imâm Aḥmad a déclaré cette pratique licite, à condition que le prix retenu soit celui en vigueur le jour où la marchandise a été prise. Cela constitue un texte sans ambiguïté qui autorise l’achat au prix équivalent au moment de la prise de possession, non au moment du règlement, que cette précision figure ou non dans l’acte, ou que l’on se soit borné au simple verbe « prendre » lors de la vente.
Le Qâḍî a, pour sa part, invoqué, au sujet de la *muʿâṭâh*, le hadith concernant Abû Bakr et ʿUmar (qu’Allah les agrée), lequel constitue effectivement une preuve en ce sens. La situation s’apparente à une autorisation de détruire un bien moyennant indemnisation, comme lorsqu’on dit : « Jette-le à la mer, j’en garantis la valeur », ou : « Affranchis ton esclave pour moi, j’en garantis la valeur. »
Ainsi, si les deux parties divergent alors que la chose est encore présente, elle doit être restituée ; si elle a disparu, sa valeur est due. Au début du chapitre consacré à la vente *salam* (1), on rapportera d’al-Awzâʿî le cas suivant : ils se mettent d’accord sur l’estimation du prix, l’acheteur en prend ensuite possession, puis vient le règlement ; il se peut que les propos de l’imâm Aḥmad visent précisément cette hypothèse.
Il est donc envisageable que le prix soit fixé après le contrat et même après la consommation du bien, à l’instar de la fixation de la dot après la conclusion du mariage ou après sa consommation. — Tout ce qui précède est la parole de Shaykh Taqî al-Dîn.
Le Qâḍî poursuit : l’imâm Aḥmad a énoncé de façon générale la licéité de la vente au *raqam* (prix coûtant). Dans la version rapportée par Abû Dâwûd, on l’interrogea sur la vente au *raqam* ; il ne parut y voir aucun inconvénient.
Il déclara encore, dans la version d’Abû Ṭâlib : « Il n’y a pas de mal à vendre au *raqam* : je te vends au *raqam* de tant, et, en sus du *raqam*, de tant. » — Tout cela est licite. Quant aux marchandises persanes, elles ne sont, en réalité, que
(1) Autrement dit, c’est un extrait de son commentaire sur le Muḥarrar d’al-Majd, et Ibn Muflih n’a rien rapporté de lui sous le chapitre relatif au salam.
الظاهر، وأصرح من ذلك ما ذكره في مسألة المعاطاة عن مثنى بن جامع عن أحمد في الرجل يبعث إلى معامل له ليبعث إليه بثوب، فيمر به فيسأله عن ثمن الثوب، فيخبره، فيقول له: اكتبه. والرجل يأخذ التمر فلا يقطع ثمنه، ثم يمر بصاحب التمر فيقول له: اكتب ثمنه؟ فأجازه إذا ثمنه بسعر يوم أخذه، وهذا صريح في جواز الشراء بثمن المثل وقت القبض، لا وقت المحاسبة، سواء ذكر ذلك في العقد أو أطلق لفظ الأخذ زمن البيع.
وقد احتج القاضي في مسألة المعاطاة بحديث أبي بكر وعمر (رضي الله عنه)، وهما دليل على ذلك، وهذا يشبه الإذن في الإتلاف بعوض، كما إذا قال: ألقه في البحر وعلي قيمته، أو: أعتق عبدك عني وعلي قيمته.
وعلى هذا: فلو اختلفا والعين قائمة ردت، وإن فاتت فالقيمة، وسيجيء في أول السلم (١) هذه المسألة عن الأوزاعي: إذا اتفقا على تقدير الثمن، ثم أخذ منه بعد ذلك، ثم حاسبه، فلعل كلام الإمام أحمد على ذلك.
هذا ويتوجه أن يكون الثمن بعد العقد والإتلاف، كتقدير الصداق بعد العقد أو بعد الدخول. هذا كله كلام الشيخ تقي الدين.
قال القاضي: وقد أطلق الإمام أحمد القول في جواز البيع بالرقم، فقال في رواية أبي داود: وقد سئل عن بيع الرقم؟ فكأنه لم ير به بأسا.
وقال أيضا في رواية أبي طالب: لا بأس ببيع الرقم، يقول: أبيعك برقم كذا وكذا، وزيادة على الرقم كذا وكذا، كل ذلك جائز، ومتاع فارس إنما هو
(١) أي: من تعليقه على «المحرر» للمجد، ولم ينقل عنه ابن مفلح تحت باب السلم شيئا.