implique l’appropriation illicite des biens d’autrui ; voilà précisément ce qu’Allah – exalté soit-Il – et Son Messager ont proscrit : ainsi, la vente dite *mulâmasa*, la vente *munâbaza*, la vente de *ḥabl al-ḥabla*, la vente des fœtus encore dans le ventre (*mulâqîḥ*), des portées à venir (*muḍâmîn*), ainsi que la cession des fruits avant que leur maturité soit manifeste. Dans ce genre d’opérations, l’un des contractants a dupé et lésé l’autre, si bien que l’un d’eux se plaint d’avoir été floué.
Il n’en va pas de même pour le commerçant qui, après avoir acheté une marchandise, voit son prix chuter : il s’agit là d’une épreuve qu’Allah, glorifié soit-Il, fait survenir et contre laquelle nul ne peut rien ; cet acheteur ne songe pas à incriminer son vendeur.
En revanche, vendre ce que l’on ne possède pas ressortit au pari et au *maysir*, car le vendeur veut réaliser un bénéfice en cédant un bien qui n’est pas encore en sa possession. L’acheteur, lui, ignore que le vendeur se propose ensuite d’acheter l’article à autrui ; si la plupart des gens l’apprenaient, ils n’achèteraient pas chez lui mais iraient se fournir à la même source. Ce risque n’est donc pas le risque ordinaire du commerce, mais celui de qui se hâte de vendre avant de pouvoir livrer.
Une fois, toutefois, que le négociant a réellement acquis la marchandise, qu’elle est devenue sa propriété et qu’il en a pris possession, il n’assume plus qu’un risque commercial licite ; il peut alors la revendre dans le cadre du commerce autorisé par Allah, qui dit : « Ne dévorez pas mutuellement vos biens de façon injuste, sauf s’il s’agit d’un commerce fondé sur l’agrément mutuel entre vous » (sourate an-Nisâʾ, 4 : 29). – Allah sait mieux. ⦗Zâd al-Maʿâd 5/811-816⦘
Voir également ce qui précède, n° 571, et ce qui suit, n° 678.
585 – Vente d’un animal abattu avec sa peau, ou vente séparée de la viande et de la peau
Ibn Mufliḥ a dit : « Notre Shaykh, à propos d’un animal abattu, autorise qu’on le vende intégralement – viande et peau – tout comme avant l’abattage, conformément à l’avis de la majorité des savants, l’acheteur ayant pu en juger la qualité lorsqu’il l’a vu vivant. Quelques fuqahâʾ tardifs l’ont interdit, s’imaginant qu’il s’agissait de la vente d’un bien absent, sans vision ni description.
Notre Shaykh ajoute : De même, il est permis de vendre la viande seule et la peau seule. Plus encore, le Prophète ﷺ et Abû Bakr, lors du voyage de l’Hégire, achetèrent à un homme une brebis et stipulèrent
يتضمن أكل المال بالباطل، فهذا الذي حرمه الله تعالى ورسوله، مثل بيع الملامسة والمنابذة وحبل الحبلة والملاقيح والمضامين وبيع الثمار قبل بدو صلاحها، ومن هذا النوع يكون أحدهما قد قمر الآخر وظلمه، ويتظلم أحدهما من الآخر، بخلاف التاجر الذي قد اشترى السلعة ثم بعد هذا نقص سعرها فهذا من الله سبحانه ليس لأحد فيه حيلة، ولا يتظلم مثل هذا من البائع، وبيع ما ليس عنده من قسم القمار والميسر لأنه قصد أن يربح على هذا لما باعه ما ليس عنده، والمشتري لا يعلم أنه يبيعه ثم يشتري من غيره، وأكثر الناس لو علموا ذلك لم يشتروا منه، بل يذهبون ويشترون من حيث اشترى هو، وليست هذه المخاطرة مخاطرة التجار بل مخاطرة المستعجل بالبيع قبل القدرة على التسليم، فإذا اشترى التاجر السلعة وصارت عنده ملكا وقبضا فحينئذ دخل في خطر التجارة وباع بيع التجارة كما أحله الله بقوله: ﴿لَا تَأْكُلُوا أَمْوَالَكُمْ بَيْنَكُمْ بِالْبَاطِلِ إِلَّا أَنْ تَكُونَ تِجَارَةً عَنْ تَرَاضٍ مِنْكُمْ﴾ [النساء: ٢٩]، والله أعلم) [زاد المعاد ٥/ ٨١١ - ٨١٦].
وانظر: ما تقدم برقم (٥٧١). وما يأتي برقم (٦٧٨).
٥٨٥ - بيع الحيوان المذبوح مع جلده، أو بيع اللحم وحده والجلد وحده:
- قال ابن مفلح: (قال شيخنا في حيوان مذبوح: يجوز بيعه مع جلده جميعا، كما قبل الذبح، كقول جماهير العلماء كما يعلمه إذا رآه حيّا، ومنعه بعض متأخري الفقهاء، ظانًّا أنه بيع غائب بدون رؤية ولا صفة.
قال شيخنا: وكذلك يجوز بيع اللحم وحده والجلد وحده، وأبلغ من ذلك: أن النبي ﷺ وأبا بكر في سفر الهجرة، اشتريا من رجل شاة، واشترطا