lequel est appelé *bayʿ al-mufallīs* (la « vente des insolvables ») : le vendeur a, en effet, besoin de liquidités tout en étant ruiné ; il ne possède pour l’heure rien à céder, mais il escompte un revenu futur, un fermage ou autre, et vend donc la marchandise à crédit, inscrite en dette. On ne recourt à cette opération qu’en cas de nécessité ; on ne l’emploie pas sans besoin pressant, à moins d’entendre faire aussitôt commerce du prix perçu ou d’espérer un bénéfice supérieur à celui qui serait perdu par le *salam*. Car le *mustaslif* revend la marchandise sur-le-champ en dessous de sa valeur au comptant, tandis que le *muslif* table sur l’idée qu’il l’obtiendra, à terme, pour moins cher que son prix au moment de la livraison. Autrement, s’il savait qu’en règle générale elle se vend au même montant que le capital avancé, il n’y engagerait pas son argent : celui-ci cesserait de produire le moindre profit. S’il recherchait seulement la récompense divine, il lui consentirait un simple prêt (*qarḍ*) ; il n’en ferait un *salam* que s’il jugeait le prix présent inférieur au prix futur.
Ainsi, le *salam* à terme n’est, la plupart du temps, pratiqué que lorsque le *mustaslif* manque de liquidités. Quant à la vente au comptant, si le vendeur détient déjà la marchandise, il peut, par besoin d’argent, la céder tantôt précisément désignée, tantôt seulement décrite. S’il ne la possède pas, il ne s’engage dans cette opération que pour commercer et réaliser un gain : il la vend à un certain prix et cherche à l’acheter meilleur marché. Or ce qu’il a anticipé peut bien se produire comme ne pas se produire : il se peut qu’il ne parvienne à se procurer la marchandise objet du *salam* qu’à un coût supérieur à la somme avancée ; il s’en repentira alors. Et si, au contraire, il l’obtient à un prix plus bas, le *salam* aura été conclu prématurément, puisqu’il aurait pu l’acquérir lui-même à ce tarif.
De la sorte, l’opération relève du *maysir* (jeu de hasard), du pari et de la spéculation risquée ; elle ressemble à la vente d’un esclave fugitif ou d’un chameau égaré que l’on cède à vil prix : si l’on parvient à le récupérer, c’est le vendeur qui regrette, et si l’on échoue, c’est l’acheteur qui se lamente. Il en est de même pour la vente de *ḥabl al-ḥabla*, la vente des fœtus encore dans le ventre (*mulāqīḥ*), des portées à venir (*muḍāmīn*) et autres formes semblables où l’objet peut ou non se réaliser. Vendre ce que l’on ne possède pas revient à pratiquer une vente aléatoire (*bayʿ al-gharar*) qui peut se concrétiser ou non ; c’est, en substance, du pari et du *maysir*.
Or le risque (*mukhāṭara*) est de deux sortes : le premier est le risque commercial : acheter une marchandise dans l’intention de la revendre, d’en tirer profit et de s’en remettre à Allah pour la réussite ; le second est le *maysir*, c’est-à-dire le jeu de hasard qui
يسمى: «بيع المفاليس»، فإنه يكون محتاجا إلى الثمن وهو مفلس، وليس عنده في الحال ما يبيعه ولكن له ما ينتظره من مغل أو غيره، فيبيعه في الذمة، فهذا يفعل مع الحاجة، ولا يفعل بدونها إلا أن يقصد أن يتجر بالثمن في الحال، أو يرى أنه يحصل به من الربح أكثر مما يفوت بالسلم، فإن المستسلف يبيع السلعة في الحال بدون ما تساوي نقدا، والمسلف يرى أن يشتريها إلى أجل بأرخص مما يكون عند حصولها، وإلا فلو علم أنها عند طرد الأصل تباع بمثل رأس مال السلم لم يسلم فيها فيذهب نفع ماله بلا فائدة، وإذا قصد الأجر أقرضه ذلك قرضا، ولا يجعل ذلك سلما إلا إذا ظن أنه في الحال أرخص منه وقت حلول الأجل، فالسلم المؤجل في الغالب لا يكون إلا مع حاجة المستسلف إلى الثمن، وأما الحال فإن كان عنده فقد يكون محتاجا إلى الثمن فيبيع ما عنده معينا تارة وموصوفا أخرى، وأما إذا لم يكن عنده فإنه لا يفعله إلا إذا قصد التجارة والربح فيبيعه بسعر ويشتريه بأرخص منه، ثم هذا الذي قدره قد يحصل كما قدره، وقد لا يحصل له تلك السلعة التي يسلف فيها إلا بثمن أغلى مما أسلف، فيندم، وإن حصلت بسعر أرخص من ذلك قدم السلف إذ كان يمكنه أن يشتريه هو بذلك الثمن، فصار هذا من نوع الميسر والقمار والمخاطرة، كبيع العبد الآبق والبعير الشارد يباع بدون ثمنه، فإن حصل ندم البائع، وإن لم يحصل ندم المشتري، وكذلك بيع حبل الحبلة وبيع الملاقيح والمضامين ونحو ذلك مما قد يحصل وقد لا يحصل، فبائع ما ليس عنده من جنس بائع الغرر الذي قد يحصل وقد لا يحصل، وهو من جنس القمار والميسر.
والمخاطرة مخاطرتان: مخاطرة التجارة: أن يشتري السلعة بقصد أن يبيعها ويربح ويتوكل على الله في ذلك؛ والخطر الثاني: الميسر الذي