En vérité, il n’y a aucune différence entre une formulation et une autre ; dans les contrats, ce qui compte, ce sont la réalité juridique et l’intention, non la simple tournure des mots. Ainsi, la vente d’un bien présent dont la remise est différée est elle-même qualifiée de *salaf* (*salam*) dès lors que le prix est versé d’avance. Il est rapporté dans le Musnad que le Prophète ﷺ a interdit de conclure un *salam* sur une palmeraie précisément désignée avant que les fruits n’aient commencé à mûrir. Lorsque la maturation devient visible et que l’on déclare : « Je te paie par avance pour 10 wasq de dattes provenant de ce verger », la transaction est licite, tout comme il est permis de dire : « J’ai acheté 10 wasq de cette pile de marchandises », tout en différant le paiement jusqu’à la complète maturation. Si, au contraire, le prix est avancé, on l’appelle *salaf*, car le *salaf* consiste en ce qui est fourni par anticipation ; le « sâlif » est ce qui précède. Le Très-Haut dit : « Nous fîmes d’eux un salaf et un exemple pour les générations suivantes » (s. 43, v. 56). Les Arabes nomment la première des montures « as-sâlifah ». De même, le Prophète ﷺ a dit : « Rejoins nos pieux devanciers, ʿUthmân ibn Maʿzûn. » Abû Bakr, qu’Allah l’agrée, déclara : « Je les combattrai jusqu’à ce que ma sâlifah – c’est-à-dire ma nuque – soit la seule à rester en avant. »
Le terme *salaf* englobe donc à la fois le prêt (*qarḍ*) et le *salam*, car le prêteur, lui aussi, a « avancé » la somme. D’où ce hadith : « Il n’est pas permis de combiner un salaf et une vente », et cet autre où le Prophète ﷺ emprunta un jeune chameau (*bakr*) et rendit un chameau de quatre ans (*jamal rubāʿî*).
Quant à celui qui vend ce qu’il ne possède pas, son unique objectif est le profit ; c’est un marchand qui reçoit un prix puis part acheter la marchandise pour exactement la même somme : il se serait donné de la peine pour autrui sans en tirer le moindre bénéfice. Ce procédé ne convient qu’à celui qui se fait mandataire d’autrui en disant : « Remets-moi l’argent et je t’achèterai cette marchandise », devenant alors simple dépositaire. Mais vendre une marchandise à un prix déterminé, encaisser ce prix, puis aller l’acheter pour la même somme sans avantage immédiat – voilà qui ne saurait être l’acte d’un homme raisonnable.
Il est vrai que, pour un commerçant, le besoin de liquidités peut se faire sentir ; il emprunte alors le prix et en profite un certain temps jusqu’à ce qu’il obtienne la marchandise. C’est précisément le cas du *salam* à terme, lequel
والتحقيق أنه لا فرق بين لفظ ولفظ، فالاعتبار في العقود بحقائقها ومقاصدها لا بمجرد ألفاظها، ونفس بيع الأعيان الحاضرة التي يتأخر قبضها يسمى: «سلفا» إذا عجل له، كما في «المسند» عن النبي ﷺ أنه نهى أن يسلم في الحائط بعينه إلا أن يكون قد بدا صلاحه، فإذا بدا صلاحه وقال: أسلمت إليك في عشرة أوسق من تمر هذا الحائط جاز، كما يجوز أن يقول: ابتعت عشرة أوسق من هذه الصبرة، ولكن الثمن يتأخر قبضه إلى كمال صلاحه، فإذا عجل له الثمن قيل له: سلف، لأن السلف هو الذي تقدم، والسالف: المتقدم، قال الله تعالى: ﴿فَجَعَلْنَاهُمْ سَلَفًا وَمَثَلًا لِلْآخِرِينَ﴾ [الزخرف: ٥٦]، والعرب تسمي أول الرواحل: «السالفة»، ومنه قول النبي ﷺ : «ألحق بسلفنا الصالح عثمان بن مظعون»، وقول الصديق (رضي الله عنه): لأقاتلنهم حتى تنفرد سالفتي. وهي: العنق.
ولفظ: «السلف» يتناول القرض والسلم، لأن المقرض أيضا أسلف القرض، أي: قدمه، ومنه هذا الحديث: «لا يحل سلف وبيع»، ومنه الحديث الآخر: أن النبي ﷺ استسلف بكرا وقضى جملا رباعيا، والذي يبيع ما ليس عنده لا يقصد إلا الربح، وهو تاجر، فيستلف بسعر ثم يذهب فيشتري بمثل ذلك الثمن، فإنه يكون قد أتعب نفسه لغيره بلا فائدة، وإنما يفعل هذا من يتوكل لغيره فيقول: أعطني فأنا أشتري لك هذه السلعة، فيكون أمينا، أما أنه يبيعها بثمن معين يقبضه، ثم يذهب فيشتريها بمثل ذلك الثمن من غير فائدة في الحال فهذا لا يفعله عاقل.
نعم إذا كان هناك تاجر فقد يكون محتاجا إلى الثمن، فيستسلفه وينتفع به مدة إلى أن يحصل تلك السلعة، فهذا يقع في السلم المؤجل، وهو الذي