pas un article déterminé ; comme c’est l’usage pour qui achète de quoi se nourrir, se vêtir ou se déplacer, il ne vise que la catégorie de marchandise, sans se soucier que le bien appartienne à telle personne plutôt qu’à une autre, pourvu qu’il soit équivalent ou meilleur. C’est donc pour cette raison que l’imâm Aḥmad, suivi par un groupe de savants, a retenu la deuxième opinion : le hadith, pris dans toute sa généralité, proscrit la vente d’une créance inscrite en dhimma lorsque le vendeur ne dispose pas de la marchandise, interdiction qui englobe le contrat de salam lorsqu’il ne possède pas encore le bien. Toutefois, d’autres hadiths ont autorisé le salam à terme ; l’interdiction ne subsiste donc que pour un salam exigible immédiatement. La troisième opinion — la plus probante — tient que le hadith ne concernait ni le salam différé ni toute forme de salam. Il visait plutôt le cas où l’on vend, sous forme de dette, un bien qui n’est ni la propriété du vendeur ni à sa portée, sur lequel il réalise un bénéfice avant même de l’acquérir, de le garantir et d’être en mesure de le livrer. L’interdiction porte donc sur le salam payable comptant lorsque le vendeur ne possède pas la marchandise : il contracte une obligation immédiate et en tire profit alors qu’il est incapable de fournir le bien. S’il part l’acheter, il se peut qu’il le trouve… ou non ; c’est là une forme de gharar (aléa excessif) et de spéculation. Or, dans un salam payable comptant, la livraison doit se faire aussitôt, ce que le vendeur ne peut assurer, tout en escomptant un bénéfice sur un bien qu’il espère seulement posséder et garantir ; il arrive même qu’il redirige l’acheteur vers celui à qui il s’est adressé, sans avoir rien fait d’autre que de capter indûment l’argent d’autrui. En conséquence, si le salam exigible immédiatement est conclu avec un vendeur capable de fournir la marchandise, il est licite ; comme l’a déclaré al-Shâfiʿî : si le contrat différé est autorisé, à plus forte raison celui payable comptant. Que telle soit bien l’intention du Prophète ﷺ se déduit de la question même qui lui fut posée : l’interrogateur ne parlait que de la vente d’une créance, ainsi qu’il a été mentionné. Si la vente d’une telle créance n’est pas permise, la vente d’un bien individualisé que l’on ne possède pas l’est à plus forte raison. L’homme l’interrogeait en effet sur la cession d’une dette exigible immédiatement, puisqu’il disait : « Je le vends, puis je vais l’acheter ». Le Prophète ﷺ lui répondit alors : « Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas. »
يطلب شيئا معينا، كما جرت به عادة الطالب لما يؤكل ويلبس ويركب، إنما يطلب جنس ذلك ليس له غرض في ملك شخص بعينه دون ما سواه مما هو مثله أو خير منه، ولهذا صار الإمام أحمد وطائفة إلى القول الثاني، فقالوا: الحديث على عمومه يقتضي النهي عن بيع ما في الذمة إذا لم يكن عنده، وهو يتناول النهي عن السلم إذا لم يكن عنده، لكن جاءت الأحاديث بجواز السلم المؤجل، فبقي هذا في السلم الحال. والقول الثالث ــ وهو أظهر الأقوال ــ: أن الحديث لم يُرد به النهي عن السلم المؤجل ولا مطلقا، وإنما أريد به أن يبيع ما في الذمة مما ليس هو مملوكا له ولا يقدر على تسليمه، ويربح فيه قبل أن يملكه ويضمنه ويقدر على تسليمه، فهو نهي عن السلم الحال إذا لم يكن عند المستسلف ما باعه، فيلزم ذمته بشيء حال ويربح فيه، وليس هو قادرا على إعطائه، وإذا ذهب يشتريه فقد يحصل وقد لا يحصل، فهو من نوع الغرر والمخاطرة، وإذا كان السلم حالا وجب عليه تسليمه في الحال، وليس بقادر على ذلك، ويربح فيه على أن يملكه ويضمنه، وربما أحاله على الذي ابتاع منه فلا يكون قد عمل شيئا، بل أكل المال بالباطل، وعلى هذا فإذا كان السلم الحال والمسلم إليه قادرا على الإعطاء فهو جائز، وهو كما قال الشافعي: إذا جاز المؤجل فالحال أولى بالجواز. ومما يبين أن هذا مراد النبي ﷺ أن السائل إنما سأله عن بيع شيء مطلق في الذمة كما تقدم، لكن إذا لم يجز بيع ذلك فبيع المعين الذي لم يملكه أولى بالمنع، وإذا كان إنما سأله عن بيع شيء في الذمة فإنما سأله عن بيعه حالا، فإنه قال: أبيعه ثم أذهب فأبتاعه، فقال له: «لا تبع ما ليس عندك»،