Le premier avis interdit de vendre ces produits sous cette forme, car ils demeurent inconnus et invisibles ; le feuillage ne révèle rien de ce qui se trouve à l’intérieur, contrairement à l’aspect extérieur d’une pile de denrées visibles. D’après les partisans de cette opinion, la vente n’est donc valable qu’après arrachage. Le second avis autorise la vente en l’état, conformément à l’usage des cultivateurs ; c’est l’opinion des gens de Médine, l’un des deux visages de l’école de l’imâm Aḥmad, et c’est celle que notre shaykh a retenue. ⦗Iʿlâm al-Muwaqqiʿîn 4/4⦘. — Il dit encore : « Quant à la catégorie controversée (1), telle que la vente des parcelles potagères et des pastèques lorsqu’elles sont mûres, deux avis existent : Premier avis : il est permis de les vendre en bloc, l’acheteur les récoltant progressivement, selon l’usage ; cela s’assimile à la vente des fruits dès l’apparition de leur maturité. C’est, des deux avis, le plus solide, celui sur lequel la pratique de la communauté s’est stabilisée ; les gens ne sauraient s’en passer, et nulle interdiction n’en découle du Coran, de la sunna, d’un consensus, d’un propos de Compagnon ou d’une analogie valable. Tel est l’avis de Mālik et des Médinois, l’un des deux avis rapportés de l’imâm Aḥmad, et le choix de Shaykh al-Islām Ibn Taymiyya. ⦗Zâd al-Maʿâd 5/808-809⦘. » — Ibn Mufliḥ écrit également : « Il n’est pas permis de vendre le radis (2) et assimilés avant arrachage selon le texte explicite ; de même, le concombre et semblables ne peuvent être cédés que pièce par pièce, sauf s’ils sont vendus avec leur pied. Notre shaykh l’a toutefois autorisé, affirmant que tel est l’avis de nombreux confrères de notre école (« W : M »), car, le plus souvent, seule la partie apparente est visée. » ⦗Al-Furūʿ 4/27⦘.
(1) C’est-à-dire : l’une des formes de bay’ al-ma’dum (vente de l’inexistant) dépendant de l’existant. (2) Ibn Qandis, dans sa Hachiya sur al-Furu‘, précise que le terme se prononce avec une damma sur le fa, selon le modèle qifl, ce qui implique que la vente de fijl n’est pas valide.
أحدهما: المنع من بيعه كذلك، لأنه مجهول غير مشاهد، والورَق لا يدل على باطنه، يخلاف ظاهر الصبرة، وعند أصحاب هذا القول لا يباع حتى يقلع. والقول الثاني: يجوز بيعه كذلك على ما جرت به عادة أصحاب الحقول، وهذا قول أهل المدينة، وهو أحد الوجهين في مذهب الإمام أحمد، اختاره شيخنا) [إعلام الموقعين ٤/ ٤]. - وقال أيضا: (والنوع المختلف فيه (١)، كبيع المقاثي والمباطخ إذا طابت، فهذا فيه قولان: أحدهما: أنه يجوز بيعها جملة، ويأخذها المشتري شيئًا بعد شيء، كما جرت به العادة، ويجري مجرى بيع الثمرة بعد بدوِّ صلاحها، وهذا هو الصحيح من القولين الذي استقر عليه عمل الأمة، ولا غنى لهم عنه، ولم يأت بالمنع منه كتاب ولا سنة ولا إجماع ولا أثر ولا قياس صحيح، وهو مذهب مالك وأهل المدينة، وأحد القولين في مذهب أحمد، وهو اختيار شيخ الإسلام ابن تيمية) [زاد المعاد ٥/ ٨٠٨ ــ ٨٠٩]. - وقال ابن مفلح: (ولا فُجل (٢) ونحوه قبل قلعه، في المنصوص، وقثاء ونحوه، إلا لقطة لقطة، نص عليه، إلا مع أصله، وجوّز ذلك شيخنا، وقال: هو قول كثير من أصحابنا «و: م» لقصد الظاهر غالبا) [الفروع ٤/ ٢٧
(١) أي: من أنواع بيع المعدوم التابع للموجود. (٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (هو بضم الفاء، على وزن قفل)، والمعنى: ولا يصح بيع فجل.