ou d’un vêtement, la vente n’est pas valable, à moins que tous deux ne connaissent la mesure totale ; dans ce cas, elle est valide à proportion de la quote-part indivise. »
Ibn Manṣûr rapporte : « J’ai demandé à l’imâm Aḥmad : Sufyân a dit, au sujet de cinq personnes qui possèdent en indivision cinq pièces dans une même maison : si l’un d’eux vend sa part dans l’une de ces pièces, je ne l’autorise pas ; mais si tous la vendent ensemble, la vente est permise. En effet, cette opération lèse les autres associés : il est incapable de prélever sa part de cette seule pièce.
S’il déclare : “Je te vends une pièce de la maison”, cela n’est pas licite ; vend-il donc ce qui ne lui appartient pas (1) ? On lui demanda : “Et s’il dit : Je te vends un cinquième de la maison ?” Il répondit : “À condition qu’il précise : ‘ma part’.” Aḥmad conclut : « C’est correct. »
On interrogea encore l’imâm Aḥmad : Sufyân a dit : « Lorsqu’une maison appartient à deux personnes et que l’un d’eux dit : ‘Je te vends la moitié de cette maison’, la vente n’est pas valable ; il ne possède en réalité qu’un quart de la moitié, tant qu’il n’ajoute pas : ‘ma part’. » Aḥmad confirma : « C’est bien ainsi. »
Shaykh Taqî ad-Dîn commente : « Ce passage renferme deux questions :
-
Si l’associé dit : “Je t’ai vendu le tiers de la maison, le quart ou un qirât (un vingt-quatrième) de celle-ci”, la vente n’est pas valide tant qu’il ne précise pas : ‘ma part’. En effet, les expressions “le tiers” ou “la moitié” englobent indistinctement sa part et celle de son co-indivisaire. La même règle vaut pour la donation, le waqf et le gage.
-
Si quelqu’un vend sa quote-part dans une pièce déterminée d’une maison qui comporte plusieurs pièces, la vente n’est pas valide, contrairement au cas où il cède sa quote-part dans toutes les pièces à la fois. Ainsi, s’il vend la pièce entière, la vente ne vaut pas pour sa propre part, car il n’a pas le droit de la vendre isolément : cela porterait préjudice aux autres associés, puisque l’acheteur ne peut profiter d’une fraction de la pièce sans user également d’une portion du terrain qui lui est étrangère. »