569 – Lorsqu’on achète un bien sans l’avoir ni vu ni décrit :
Ibn Mufliḥ déclare : « Selon une autre version, l’acheteur doit connaître approximativement la description du bien ; ainsi, il n’est pas permis à une personne qui n’est pas joaillier d’acheter une pierre précieuse. D’aucuns exigent en outre qu’il la sente ou la goûte. L’avis le plus sûr veut que la vente reste valable si l’on s’appuie sur une vision antérieure, pourvu que le laps de temps écoulé n’ait pu en altérer visiblement l’état. D’autres estiment qu’il suffit d’avoir une forte présomption que les qualités sur lesquelles repose l’échange subsistent toujours. Mais, selon l’opinion la plus solide, une description suffisamment précise pour un contrat de *salam* (1) est aussi recevable ; la vente ou l’achat par un aveugle est alors valable, au même titre que lorsqu’il mandate un tiers. D’après une autre transmission, cette description ne suffit pas (2) ; selon encore une autre, la vente serait admise même sans description (w : h). Notre shaykh a adopté ce dernier avis dans un passage, tout en en signalant ailleurs la faiblesse (3). Cela vaut à condition que le genre du bien ait été mentionné ; autrement, la vente est nulle d’après l’unique version transmise, comme l’ont indiqué al-Qâḍî et d’autres. » ⦗Al-Furûʿ 4/21-22 (6/144)⦘ (4).
570 – Question :
Ibn Mufliḥ dit : « Il en est de même pour la formule : “Je te vends pour dix au comptant ou pour vingt à terme.” – Si l’on vend une marchandise dénombrable, séparée et homogène, comme des œufs – par exemple cent œufs prélevés sur un ensemble de mille –, il convient d’assimiler le cas à un *salam* sur un nombre déterminé. Si cet assimilé de *salam* est valable – et c’est l’avis prépondérant –, la vente l’est aussi ; sinon, elle ne l’est pas.
Al-Qâḍî a mentionné, à propos de la vente d’un bien individualisé, qu’elle est valide.
Shaykh Taqî ad-Dîn a dit : “C’est ce qu’implique la parole d’al-Khiraqî, à moins que l’on ne considère que son propos…”.»
(1) Dans l’édition 1 : « bighayr », cette leçon étant confirmée dans l’édition 2.
(2) Dans l’édition 1 : « aw la yakfi ».
(3) Al-Ba‘lî, dans al-Ikhtiyarat, précise « fi mawḍiʿ akhar » (à un autre endroit).
(4) Al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘lî, p. 179 ; voir aussi al-Fatawa, vol. 20, p. 345 ; vol. 29, pp. 221–222 et p. 306.
٥٦٩ - إذا اشترى الشيء بغير رؤية ولا صفة:
- قال ابن مفلح: (وعنه: ويعرف صفة المبيع تقريبا، فلا يصح شراء غير جوهري جوهرة، وقيل: وشمه وذوقه، وعلى الأصح: أو رؤية سابقة بزمن لا يتغير فيه ظاهرا، وقيل: يعتبر (١) ظن بقاء ما اصطرفا به، وعلى الأصح: أو بصفة تكفي في السلم «ق» فيصح بيع أعمى وشراؤه كتوكيله «و» وعنه: لا تكفي (٢) «خ» وعنه: وبغير صفة «و: هـ» اختاره شيخنا في موضع، وضَعَّفَهُ أيضًا (٣)، هذا إن ذكر جنسه وإلا لم يصح رواية واحدة قاله القاضي وغيره) [الفروع ٤/ ٢١ - ٢٢ (٦/ ١٤٤)] (٤).
٥٧٠ - مسألة:
- قال ابن مفلح: (وكذا مسألة: بعتك بعشرة نقدًا، وبعشرين نسيئة، فإن باع من المعدود المنفصل المتقارب كالبيض، مثل: أن يبيع مائة بيضة من ألف بيضة، فينبغي أن يخرج على السلم فيه عددًا، فإن صح ــ وهو الراجح ــ صح ذلك، وإلا فلا.
وذكر القاضي في مسألة المبيع المتعين أنه يصح.
قال الشيخ تقي الدين: وهو مقتضى قول الخرقي، إلا أن نجعل قول
(١) في ط ١: (بغير)، والمثبت من ط ٢.
(٢) في ط ١: (أو لا يكفي).
(٣) قال البعلي في «الاختيارات»: (في موضع آخر).
(٤) «الاختيارات» للبعلي (١٧٩)، وانظر: «الفتاوى» (٢٠/ ٣٤٥؛ ٢٩/ ٢٢١ - ٢٢٢، ٣٠٦).