568 – Lorsque la description fait défaut, mais que l’objet vendu est identifié par le goût, le toucher ou l’odorat :
Ibn Mufliḥ déclare : « Si la description est absente mais que l’objet est connu par le goût, le toucher ou l’odorat, la vente est valable, sinon elle ne l’est pas. Si l’on vend quelque chose pour un prix déterminé, deux avis sont envisageables. Abû Ḥanîfa et Mâlik en valident la vente, tandis qu’ach-Shâfiʿî la déclare nulle, conformément au principe rappelé.
Shaykh Taqî ad-Dîn ajoute : Selon la version concordante, on peut dire que la vente est ici permise en raison du besoin.
Il n’est pas requis, en plus de la vision, de goûter, de toucher ou de sentir ; c’est ce qu’indique al-Qâḍî, laissant entendre qu’il s’agit d’un point de consensus, et Abû Ḥanîfa ne reconnaît pas de droit de rétractation lorsque ces moyens font défaut.
Abû al-Khaṭṭâb (1) rapporte aussi l’exigence de la connaissance : il n’est donc pas permis à un non-joaillier d’acheter une pierre précieuse, ni à un non-copiste d’acquérir un livre de valeur, pas plus qu’à un tanneur d’acheter une grosse pièce de bois.
Il poursuit : D’après ce qu’Abû Ṭâlib a transmis de l’imâm Aḥmad, si l’acheteur ignore la description du bien, la vente est corrompue ; de même, selon al-Maimûnî, il ne doit pas le vendre tant qu’il ne l’a pas vu et identifié. Il conclut que la connaissance est une condition, car l’objectif n’est pas la seule perception, mais bien la connaissance de la chose.
Il cite ensuite un second avis : la connaissance n’est pas requise, distinguant cette condition de la simple vision. Ailleurs dans la même question, il précise que ce second avis est le plus juste et que, pour toutes les ventes, il suffit d’une simple vision ou d’une description. ⦗An-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 1/292-293⦘