— à savoir : « ishtaraytu » (« j’ai acheté ») ; tandis que, dans le présent exemple, la formulation relève de l’ijâb et se dit : « aslamtu » (« je t’avance la somme »). Quatre situations se présentent donc, car l’ordre requis avec la formule du salam n’est pas celui qui vaut pour la vente.
Il est permis que l’acceptation accompagne l’offre lorsqu’une même personne les prononce toutes deux, comme dans : « jaʿaltu ʿitqa-ka ṣadaqa-ka » (« je prends ton affranchissement pour ta dot »), ou dans la déclaration du tuteur : « tazawwajtu fulânah » (« je t’ai marié à telle femme »), et cas analogues, ainsi que l’ont signalé plusieurs de nos savants. En effet, une seule phrase renferme alors simultanément l’acceptation et l’offre ; la condition de faire précéder l’offre ne s’impose que lorsque deux phrases distinctes sont nécessaires.
Si quelqu’un dit : « Si tu me vends cet esclave, je te devrai mille », et que l’autre réponde : « Je te l’ai vendu », la vente n’est pas valide — à la différence du khulʿ (dissolution du mariage contre compensation). La vente exige en effet une demande explicite de transfert de propriété, alors que le khulʿ n’en a pas besoin, le droit du mari sur son épouse s’éteignant sans qu’il faille obtenir son agrément. C’est ce qu’a rapporté al-Qâḍî dans Al-Jâmiʿ et Al-Mujarrad.
Shaykh Taqî ad-Dîn conclut : « Il en ressort que l’antériorité de l’acceptation lorsqu’elle est formulée sous forme conditionnelle n’est jamais valable. » ⦗An-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 1/254-256⦘
561 – La continuité entre l’ijâb et le qabûl
Ibn Mufliḥ rapporte : « Shaykh Taqî ad-Dîn — dans le cours de son propos sur la nécessité du lien immédiat — a dit : Quant à la muwâlât, c’est-à-dire la continuité, elle peut se réaliser au moyen d’une seule phrase, comme pour les serments, les vœux, le ṭalâq (répudiation) et l’affranchissement ; à propos des serments et du ṭalâq, deux versions sont rapportées, lesquelles s’appliquent, a fortiori, aux contrats. » Telle est sa parole.
Il a encore dit ailleurs — et il apparaît qu’il s’agit des paroles d’Abû Ḥafṣ al-ʿAkbarî, qu’il signale par la lettre « k » et qu’il marque aussi ici — : « Si quelqu’un dit : baʿtu (je t’ai vendu) ou zawwajtu (je t’ai marié)… »