que, dans un contrat susceptible d’être résilié, si l’acceptation précède l’offre, le contrat n’est pas valable ; la preuve en est que, si l’ijâb (offre) est différé d’une heure après le qabûl (acceptation) alors que les deux parties se trouvent encore dans la même séance, le contrat reste exposé à la faculté de résiliation. Tel est le sens des paroles d’Abû al-Faraj.
Al-Mughnî et al-Kâfî tranchent en faveur de la validité lorsque l’acceptation précède et qu’elle est formulée au passé, conformément à l’avis des trois imâms. Ils privilégient également la validité lorsque cette antériorité s’exprime par l’impératif, à l’encontre de l’opinion d’Abû Ḥanîfa, et Shaykh Taqî ad-Dîn partage cet avis. ⦗An-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 1/253-254⦘
Il a encore dit : « Si la demande de l’acheteur intervient avec retard, le contrat est, à l’unanimité, nul. »
Shaykh Taqî ad-Dîn précise : « Lorsque, des deux côtés, l’objet échangé est une chose corporelle déterminée, chacun des contractants est à la fois initiateur d’offre et auteur d’acceptation ; l’un doit donc précéder l’autre, et inversement. Toutefois, si l’un déclare : “J’ai acheté cet esclave pour telle chose”, ou dit : “Vends-le-moi”, cela est considéré, selon les termes apparents de nos compagnons, comme une antériorité suffisante. Or la narration que l’on rapporte d’Aḥmad ne vise que le cas où cette antériorité s’exprime sous forme de demande ou de sollicitation ; l’interdiction qui s’y applique ne s’étend pas nécessairement au cas où l’énoncé est assertif, tel : “J’ai acheté” ou “J’ai acquis”.
Quant au cas d’un échange entre une dette et un bien déterminé, c’est-à-dire le salam (vente à terme), la formule usuelle est : “Je t’avance ces cent (dirhams) contre un wasq de blé”, ou : “Je t’avance cent (dirhams) pour un wasq de blé”, l’autre répondant : “J’accepte.” On fait alors précéder la parole du muslim (celui qui avance la somme) et on l’assimile à l’offre, tandis que celle du muslam ilayh (celui qui reçoit l’avance) vaut acceptation, car le muslim remet immédiatement la somme et s’apparente ainsi au vendeur, bien que, en réalité, le véritable vendeur soit le muslam ilayh. Si, toutefois, la déclaration du muslam ilayh précédait et prenait la forme d’une vente, par exemple : “Je t’ai vendu un wasq de blé pour dix dirhams”, l’ordre requis demeurerait respecté, mais au moyen du vocabulaire de la vente.
De même, si le muslim disait : “Je t’ai acheté un wasq de blé pour dix dirhams”, et que l’autre réponde : “Je l’ai vendu”, les deux déclarations se retrouveraient sur un pied d’égalité en ce que le muslim aurait fait précéder son acceptation ; toutefois, cette antériorité apparaît ici sous la forme linguistique d’une acceptation.
يلحقه الفسخ لم يصح، دليله: لو تأخر الإيجاب عن القبول ساعة، وهما في المجلس، وهو معنى كلام أبي الفرج.
وقطع في «المغني» و «الكافي» بالصحة فيما إذا تقدم بلفظ الماضي، كقول الأئمة الثلاثة، وقدم الصحة فيما إذا تقدم بلفظ الأمر، خلافًا لأبي حنيفة، واختار الشيخ تقي الدين الصحة) [النكت على المحرر ١/ ٢٥٣ - ٢٥٤].
- وقال أيضا: (ولو تأخر الطلب من المشتري لم يصح قولا واحدا.
وقال الشيخ تقي الدين: إذا كان المبيع عينًا من الطرفين فكلاهما موجب قابل= فينبغي أن يقدم أحدهما على الآخر كالعكس، لكن لو قال أحدهما: ابتعت هذا العبد بهذا، أو قال: بعني= كان تقدما على ظاهر كلام أصحابنا، مع أن الرواية التي ذكرها عن أحمد ليس فيها إلا إذا تقدم بلفظ الطلب والاستدعاء، ولا يلزم من المنع هنا المنع إذا كان بلفظ الخبر، مثل قوله: اشتريت وابتعت.
قال: وأما إذا كان دينا بعين، وهو السلم، فهنا المعروف: أن يقول: أسلمت إليك هذه المائة في وسق حنطة، أو أسلمت إليك مائة في وسق حنطة، فيقول: قبلت. فيقدمون لفظ المسلف، ويجعلونه بمنزلة الموجب، والمستسلف بمنزلة القابل، لأن المسلف هو الذي يقدم العين، فصار بمنزلة البائع، وإن كان في المعنى المستسلف هو البائع، فلو تقدم قول المستسلف بصيغة البيع، مثل أن يقول: بعتك وسق حنطة بعشرة دراهم= فهذا جار على الترتيب، لكنه بلفظ البيع.
ولو قال المسلم: اشتريت منك وسق حنطة بعشرة دراهم، فقال: بعت، فقد استويا من جهة أن المسلف تقدم قبوله، لكن هناك جاء بلفظ القبول،