Chapitre du manquement (*fawât*) et de l’empêchement (*iḥṣâr*) 547 – Si les pèlerins effectuent le *wuqûf* le huit ou le dix par erreur : – Ibn Mufliḥ dit : « Si la foule se tient à ‘Arafat le huitième ou le dixième jour par méprise, le rite est néanmoins valable ; l’imâm Aḥmad l’a explicitement affirmé pour ces deux cas. » Notre shaykh ajoute : « Ce jour est-il, en réalité, le Jour de ‘Arafah ? La question fait l’objet d’une divergence dans l’école d’Aḥmad ; elle dépend de savoir si le terme *hilāl* (croissant lunaire) désigne l’astre qui apparaît effectivement dans le ciel ou ce que les gens voient et reconnaissent comme nouvelle lune. Cette divergence est connue chez les ḥanbalites et ailleurs. Il rapporte encore qu’il existe, d’après Aḥmad, deux versions ; la seconde est, selon lui, la correcte. La preuve en est que, s’ils se trompaient dans le comptage des jours, dans l’itinéraire ou autre, et se tenaient à ‘Arafat le dix, leur *wuqûf* ne leur suffirait pas «ʿ». Si l’on excusait l’erreur pour tout le monde, on l’excuserait aussi dans ce cas hypothétique ; on comprend donc que le Jour de ‘Arafah est fixé tant au fond qu’en apparence. Autre indice : s’il y avait ici une éventualité d’erreur et de justesse, il ne serait pas recommandé d’accomplir deux *wuqûf*, car ce serait une innovation que les Anciens n’ont jamais pratiquée ; il est clair qu’il n’y a donc pas d’erreur. Quant à l’opinion exigeant que l’observateur soit à La Mecque dans la limite autorisant la prière abrégée, ou dans une région où les levers de lune ne varient pas, jamais aucun des Salaf ne l’a formulée à propos du ḥajj. Ainsi, si seule une poignée de personnes aperçoit le croissant, elle ne pratique pas un *wuqûf* distinct ; le *wuqûf* se fait avec la majorité. » ⦗Al-Furūʿ 3/535 (6/79)⦘ 548 – Celui qui a manqué le ḥajj : – Ibn Mufliḥ dit : « S’il a manqué le ḥajj, il se désacralise au moyen d’une ‘umrah ; c’est ce qu’ont transmis l’ensemble des maîtres. L’animal de sacrifice (*hady*) qu’il a avec lui ne doit être immolé que dans le ḥaram, l’imâm Aḥmad ayant clairement établi la distinction. L’obligation de rattraper le ḥajj et d’offrir un *hady* fait l’objet d’un désaccord. Al-Ājurī impose ici le rattrapage. D’après une autre version attribuée à Aḥmad, le pèlerin sort de l’état de sacralisation comme le *muḥṣar* empêché par un ennemi ; c’est l’avis retenu par notre shaykh. Il en va de même pour la femme en période menstruelle, dans l’impossibilité de prolonger son séjour, à qui le *ṭawāf* est interdit, ou celle qui serait repartie sans l’avoir accompli par ignorance…»
باب الفوات والإحصار ٥٤٧ - إذا وقف الناس في الثامن أو العاشر خطأ: - قال ابن مفلح: (وإن وقف الناس الثامن أو العاشر خطأ أجزأ، نص عليهما. قال شيخنا: هل هو يوم عرفة باطنا؟ فيه خلاف في مذهب أحمد، بناء على أن الهلال اسم لما يطلع في السماء، أو لما يراه الناس ويعلمونه؟ وفيه خلاف مشهور في مذهب أحمد وغيره. وذكر في موضع آخر: أن عن أحمد فيه روايتين، قال: والثاني الصواب، ويدل عليه لو أخطؤوا لغلط في العدد أو في الطريق ونحوه، فوقفوا العاشر لم يجزئهم «ع»، فلو اغتفر الخطأ للجميع لاغتفر لهم في غير هذه الصورة بتقدير وقوعها، فعلم أنه يوم عرفة باطنا وظاهرًا، يوضحه أنه لو كان هنا خطأ وصواب لا يستحب الوقوف مرتين، وهو بدعة لم يفعله السلف، فعلم أنه لا خطأ، ومن اعتبر كون الرائي من مكة دون مسافة القصر، أو بمكان لا تختلف فيه المطالع فقول لم يقله أحد من السلف في الحج، فلو رآه طائفة قليلة لم ينفردوا بالوقوف، بل الوقوف مع الجمهور) [الفروع ٣/ ٥٣٥ (٦/ ٧٩)]. ٥٤٨ - من فاته الحج: - قال ابن مفلح: (فإن فاته الحج تحلَّلَ بعمرة، نقله الجماعة، ولا ينحر هديا معه إلا بالحرم، نصَّ على التفرقة، وفي لزوم القضاء والهدي الخلاف، وأوجب الآجري القضاء هنا، وعنه: يتحلَّل كمحصر بعدوٍّ، واختاره شيخنا، وأنَّ مثله حائض تعذَّر مقامها، وحرم طوافها، أو رجعت ولم تطف لجهلها