il est en effet notoire que les Compagnons et les Successeurs établis à Médine ne le faisaient pas lorsqu’ils entraient dans la mosquée ni quand ils en sortaient… jusqu’à ce qu’il déclare (1) :
C’est pourquoi la plupart des salaf ne faisaient aucune distinction entre les voyageurs de passage et les habitants de Médine, ni entre l’état de voyage et les autres situations. Car tenir cette pratique pour recommandée à certains et pour réprouvée à d’autres constitue un jugement juridique qui requiert une preuve scripturaire. Or personne ne peut rapporter du Prophète ﷺ qu’il aurait institué pour les Médinois de venir se placer devant la tombe pour un salut d’adieu, qu’il l’aurait prescrit à ceux-ci ou à d’autres à leur retour de voyage, ni qu’il l’aurait légiféré pour les étrangers de le renouveler chaque fois qu’ils entrent ou sortent de la mosquée, tout en ne le prescrivant pas aux habitants de Médine.
Une telle « sharîʿa » n’est transmise ni du Prophète ﷺ, ni de ses califes, ni connue dans la pratique des Compagnons. On ne rapporte, au demeurant, que de Ibn ʿUmar le fait de saluer à l’arrivée d’un voyage ; mais cela n’était pas l’usage des califes ni des grands Compagnons. De même, Ibn ʿUmar avait pour habitude de rechercher les lieux où le Prophète avait prié, séjourné ou franchi quelque passage au cours de ses voyages, alors que la majorité des Compagnons ne le faisaient pas ; son propre père, ʿUmar, interdisait de telles pratiques. Allah sait mieux. ⦗Al-Ṣârim al-Munkî, 328-329⦘
542 – Répéter la ʿumra sans intervalle :
– Ibn Mufliḥ a dit : « Il n’est pas blâmé d’accomplir la ʿumra plus d’une fois dans l’année ⦗M⦘, mais l’excès et l’enchaînement continu entre elles sont réprouvés d’un commun accord parmi les salaf ; tel est l’avis retenu par le shaykh et d’autres. Aḥmad a dit : “S’il le veut, une fois par mois.” Il a encore dit : “Il faut absolument se raser ou se couper les cheveux, et l’on peut le faire au bout de dix jours.” Plusieurs l’ont même jugée recommandée (2). Quant à ceux qui l’ont désapprouvée, ils se sont exprimés de manière générale ; il est possible que leur propos vaille lorsque le pèlerin remplace cet acte par le tawâf, sinon il ne