Telles sont ses paroles ! Vois donc quelle déformation l’on impute au Shaykh al-Islâm : sa réponse ne contient nullement l’interdiction de visiter les tombes des prophètes et des vertueux. Il n’y rapporte que deux avis relatifs au fait de se mettre en route – de « seller la monture » – et de voyager dans le seul but de visiter les tombes. Or visiter des tombes sans entreprendre un tel voyage constitue une question, tandis que prendre la route exclusivement pour cette visite en est une autre.
Le shaykh ne proscrit pas la visite dépourvue de déplacement organisé ; bien au contraire, il la considère recommandée et y invite, comme l’attestent ses ouvrages et ses manâsik. Dans la fatwâ, il n’a pas traité de cette visite, ne l’a jamais qualifiée de péché ni prétendu qu’un consensus la condamne. Et Allah — exalté soit-Il —, rien ne Lui échappe.
Lorsque l’écrit dudit juge parvint en Égypte, les propos se multiplièrent et la discorde s’enflamma. Les qâḍîs y furent convoqués ; ils se réunirent et délibérèrent. Certains proposèrent l’emprisonnement du shaykh ; le sultan en donna l’ordre et il advint ce qui a déjà été mentionné.
Par la suite, il survint à ceux qui étaient engagés dans cette affaire des événements qu’il n’est pas possible d’exposer ici. ⦗‘Aqûd ad-duriyya 327-341⦘.
– Ibn Kathîr rapporte encore : « Le mercredi 10 Dhû l-Qiʿda, Burhân ad-Dîn [Ibrâhîm ibn] (1) Aḥmad ibn Hilâl az-Zuraʿî, de rite hanbalite, dispensa l’enseignement à l’école hanbalite à la place de Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya. Le qâḍî shâfiʿî, ainsi qu’un groupe de juristes, assistèrent à son cours, ce qui peina grandement nombre de disciples du shaykh Taqî ad-Dîn. Quant à Ibn al-Khaṭîrî, le chambellan, il était entré auprès du shaykh Taqî ad-Dîn avant ce jour, l’avait rencontré et l’avait interrogé sur diverses questions sur ordre du vice-sultan. »