Cette affaire gagna les provinces d’Égypte et de Syrie ; les prières, les supplications et les implorations adressées à Allah, exalté soit-Il, se multiplièrent. Parmi les compagnons du shaykh, ceux que l’on savait vigoureux faiblirent, et ceux dotés d’une haute ambition se montrèrent timorés. Quant au shaykh — qu’Allah lui fasse miséricorde —, il demeura impassible, ferme de cœur, et la sincérité de son tawakkul (confiance en Dieu) et de sa pleine reliance à son Seigneur apparut au grand jour… Le lundi, après la prière de l’ʿAsr, le 6 Shaʿbân de l’année susmentionnée, se présentèrent auprès du shaykh, mandatés par le vice-sultan de Damas, le contrôleur des waqf et Ibn Khatîr, l’un des chambellans ; ils l’informèrent qu’un rescrit du sultan ordonnait qu’il fût conduit à la Citadelle et avaient amené une monture à cette fin. Le shaykh manifesta sa joie et déclara : « J’attendais cela ; il y a là un immense bien… », etc. Ibn ʿAbd al-Hâdî reproduisit ensuite le texte intégral de la fatwâ du shaykh à laquelle il avait été fait allusion (1), puis ajouta : « Telle est la dernière réponse donnée par Shaykh al-Islâm ; Allah — glorifié et exalté soit-Il — est plus savant. » Le shaykh a toutefois de nombreux autres propos sur le même sujet, comme il l’a indiqué dans sa réponse. Lorsque l’on s’empara, à Damas, de cette réplique, on la copia et on l’expédia en Égypte. Le qâḍî shâfiʿî y porta cette mention : « J’ai collationné la réponse à cette question, rédigée de la propre main d’Ibn Taymiyya, et elle est conforme… » — jusqu’à ce qu’il ajoute : « Toute la falsification (2) consiste à avoir fait de la visite de la tombe du Prophète et des tombes des prophètes — que la prière d’Allah soit sur eux — un péché unanimement condamné et tenu pour certain. »
(1) Elle figure dans al-Fatâwâ, d’après Ibn ’Abd al-Hâdi (tome 27, pp. 182-192). (2) C’est ainsi, mais la lecture correcte est peut-être al-mahz, comme le rapporte Ibn Kathîr.
هذه القضية بالديار المصرية والشامية، وكثر الدعاء والتضرع والابتهال إلى الله تعالى، وضعف من أصحاب الشيخ من كان عنده قوة، وجبن منهم من كانت له همة، وأما الشيخ (رحمه الله) فكان ثابت الجأش، قوي القلب، وظهر صدق توكله واعتماده على ربه ... ولما كان يوم الاثنين بعد العصر السادس من شعبان من السنة المذكورة = حضر إلى الشيخ من جهة نائب السلطنة بدمشق مشد الأوقاف، وابن خطير ــ أحد الحجاب ــ وأخبراه أن مرسوم السلطان ورد بأن يكون في القلعة، وأحضرا معهما مركوبا. فأظهر الشيخ السرور بذلك، وقال: أنا كنت منتظرا ذلك، وهذا فيه خير عظيم ... الخ). وقد ساق ابن عبدالهادي بعد ذلك نص فتيا الشيخ المشار إليها (١) , ثم قال: (هذا آخر ما أجاب به شيخ الإسلام، والله (سبحانه وتعالى) أعلم. وله من الكلام في مثل هذا كثير، كما أشار إليه في الجواب. ولما ظفروا في دمشق بهذا الجواب كتبوه، وبعثوا به إلى الديار المصرية، وكتب عليه قاضي الشافعية: قابلت الجواب عن هذا السؤال المكتوب على خط ابن تيمية فصح ... إلى أن قال: وإنما المحرف (٢) جعله زيارة قبر النبي وقبور الأنبياء صلوات الله عليهم معصية بالإجماع مقطوع بها.
(١) وهي في الفتاوى ــ نقلًا عن ابن عبدالهادي ــ (٢٧/ ١٨٢ - ١٩٢). (٢) كذا, ولعل الصواب: (المحز) كما يأتي في كلام ابن كثير.